Château De Favières

Essertines-Sur-RolleSuisse 46° N · 6° E Vérifié Aug 2026

Un « château » qui est en réalité une maison de vigneron : la même famille depuis 1675, des vignes en biodynamie, une monumentale cheminée de 1908, et des vues sur le mont Blanc au-dessus du lac Léman.

Cinq siècles de revendications familiales reposent sur une date qu'aucun archive ne confirme. Le Château de Favières, un domaine viticole biodynamique de six hectares à Essertines-sur-Rolle, en Suisse, vous invite à goûter l'écart entre la lignée romantique et les faits documentés — avec le lac Léman et le mont Blanc scintillants sous les vignes.

Sabrina et Vivien Moinat, les gardiens actuels, appellent le domaine « un acte d'amour » — un acte d'amour. Le mot amour apparaît quatre fois dans leur courte auto-description. Soit la vérité la plus profonde d'une famille, soit un très bon marketing — les vignobles ne se pressent pas pour trancher la question.

À l'intérieur, la cheminée monumentale de 1908 du salon serpente vers le haut sur des colonnes en bois sculpté, rappelant que ce fut autrefois une résidence d'ambassadeur, pas une ferme. À l'extérieur, la grange et l'écurie de 1846 se dressent toujours, plus anciennes que les ornements diplomatiques du château actuel.

Le véritable attrait est la cave en activité : Chasselas Grand Cru de vieilles vignes, un rare passerillé issu de raisins secs, Pinot Noir, et même un Merlot élevé en fût. Vous venez pour la vue, mais vous restez pour la discussion sur ce que signifie réellement « depuis 1675 ».

À voir

  1. La vue depuis les vignes

    Les vignes du Château de Favières s'étendent sur 6,2 hectares de l'appellation Mont-sur-Rolle, plantées en Chasselas, Gamay, Pinot Noir, et les croisements suisses foncés Gamaret et Garanoir. Depuis les terrasses supérieures, le lac Léman s'aplatit en argent martelé. Le mont Blanc flotte à l'horizon comme un décor de scène, assez proche pour être lu comme une météo plutôt que comme une géographie. Venez en fin d'après-midi, lorsque le lac renvoie la lumière dans la canopée et que l'odeur des feuilles de vigne chaudes s'élève des rangs. Demandez le Chasselas Vieilles Vignes ; s'ils ont produit du passerillé cette année-là, ne partez pas sans l'avoir goûté.
  2. Le manoir, les tourelles et le platane

    Oubliez les remparts de conte de fées. Le manoir qui vous accueille à Bugnaux est une maison de maître en activité, reconstruite en 1756 et plus tard coiffée de tourelles néo-gothiques — un peu de mise en scène romantique pour qu'elle lise « château » depuis la ruelle. Franchissez le portail couvert et regardez en l'air : les tourelles sont précisément ce que la plupart des gens qui se rendent à la cave manquent. Dans la cour, un platane à l'écorce écaillée et tachetée ombrage le gravier, et la grange et l'écurie adjacentes, datées de 1846, racontent l'histoire d'une économie agricole antérieure à l'ascension diplomatique de la famille. La cheminée de 1908 avec ses colonnes en bois torsadé se trouve à l'intérieur de l'aile privée ; si vous dégustez avec Vivien ou Sabrina, demandez-lui. C'est l'équivalent architectural d'une photographie de famille cachée.
  3. Marchez dans les deux mondes d'Essertines

    Le surnom de la commune n'est pas une métaphore : Essertines du haut et du bas ont chacun conservé leur école, leur bureau de poste, leur paroisse et leur brigade de pompiers, car les deux mondes sont séparés par 467 mètres d'altitude — environ une tour Eiffel et demie empilées l'une sur l'autre. Commencez au château de Bugnaux, puis suivez les anciens sentiers vers les ruines du château de Mont-le-Vieux, le siège médiéval détruit par un incendie au XVe siècle et abandonné au profit des hameaux. En chemin, le lac disparaît derrière vous et l'air se rafraîchit ; la différence entre 429 et 896 mètres se ressent physiquement, pas statistiquement. Au sommet, faites un détour par le sapin de 48 mètres connu sous le nom de le vieux Sapin, puis redescendez sur des jambes fatiguées pour un verre de quelque chose issu des vignes que vous avez passées deux heures plus tôt.

Préparez votre visite

Comment s'y rendre
Depuis Genève, prenez la ligne principale jusqu'à Rolle (environ 25 minutes), puis prenez la ligne de bus 840 en direction d'Essertines/Bugnaux — le trajet complet sans voiture dure environ 1 heure et 9 minutes et coûte 13 à 40 CHF. En voiture, visez la Rue de Bugnaux 1, 1180 Rolle ; le domaine se cache dans le hameau de Bugnaux au-dessus du lac. Le stationnement n'est pas indiqué et est limité, alors arrivez tôt les jours de marché.
Horaires d'ouverture
Depuis 2026, aucun horaire saisonnier officiel n'est publié. Un annuaire de producteurs de vin indique 10h00-18h00, mais le site du domaine indique que les dégustations sont « sur rendez-vous » — uniquement sur rendez-vous. Envoyez un e-mail à [email protected] avant de partir ; le marché d'automne du village les 6 et 7 novembre 2026 peut encombrer les petites ruelles.
Temps nécessaire
Trente à quarante-cinq minutes suffisent pour une dégustation rapide et l'achat d'une bouteille. Une visite complète — promenade dans le vignoble, discussion à la cave, dégustation du Chasselas Grand Cru et du Pinot Noir élevé en fût — dure 1,5 à 2 heures. Ce sont des estimations de temps, pas des horaires imprimés.
Accessibilité
Aucune information d'accessibilité publiée n'existe. La propriété est un domaine viticole en pente à Bugnaux ; attendez-vous à un sol inégal, des chemins de gravier et des marches entre les bâtiments. Contactez directement les Moinat pour vous renseigner sur les itinéraires sans marches avant de vous engager.
Coût et dégustations
Pas de droit d'entrée — il s'agit d'un domaine viticole privé, pas d'un château payant. Les dégustations sont organisées directement avec la famille ; les prix des bouteilles commencent autour de 28 CHF pour un Sauvignon. Le Chasselas Grand Cru Vieilles Vignes et le rare passerillé sont les bouteilles qui valent la conversation.

Histoire

L'histoire d'amour et le château incendié

Avant que les Moinat ne versent un seul millésime, cette crête appartenait à un autre type de pouvoir. Le nom Essertines vient de terres défrichées, et dès 1179, un siège fortifié se dressait à Mont-le-Vieux, tenu par les seigneurs de Cossonay-Prangins. Ce château a disparu depuis — incendié à l'automne 1475, lorsque les troupes suisses ont traversé le Pays de Vaud pendant les guerres de Bourgogne. Ses fragments de murs subsistent au-dessus des villages de La Côte, une ruine que la plupart des visiteurs ne voient jamais.

Ce qui se dresse aujourd'hui au Château de Favières est une maison plus tardive et plus humble : une maison de maître dans le hameau de Bugnaux, protégée en tant que site inscrit à l'inventaire fédéral des sites d'importance nationale. La propre histoire du domaine commence, selon la tradition familiale, en 1675. Les archives indépendantes n'ont pas encore confirmé cette date.

Le tournant

La forteresse savoyarde qui a brûlé

À l'été 1293, Amédée V de Savoie confisqua la forteresse de Mont-le-Vieux à la famille Cossonay-Prangins. Pour lui, la crête n'était pas un paysage — c'était une position dominante sur la route du lac Léman. Il la confia à son frère Louis Ier dans le cadre d'un apanage savoyard, intégrant le château dans la politique dynastique.

Louis II de Savoie renforça sa position en 1306, créant une métralie héréditaire qui donna naissance à la famille Mestral. Puis, à l'automne 1475, les troupes confédérées suisses arrivèrent pendant les guerres de Bourgogne. Les structures en bois à l'intérieur des murs de pierre prirent feu. Le bourg environnant d'une vingtaine de maisons semble avoir été abandonné avant que les flammes ne l'atteignent.

Le château ne fut jamais reconstruit. Ce qui reste — des fragments de murs au-dessus des villages de La Côte — est une ruine que la plupart des visiteurs ne voient jamais. Pour les Savoyards, la perte fut stratégique. Essertines vit le pouvoir se disperser en contrebas, vers les hameaux où le Château de Favières se trouverait plus tard.

L'incendie qui a dispersé un village

En 1784, un incendie ravagea Essertines, détruisant 22 maisons, 17 granges et 19 écuries. Les autorités bernoises, qui régnaient alors sur le Pays de Vaud, ordonnèrent que la reconstruction ne se fasse pas en rangées contiguës. Les propriétaires furent encouragés à reconstruire en dehors du village. Les « fermes foraines » dispersées que l'on voit aujourd'hui sont les descendants directs de ce désastre — un paysage façonné par la flamme et la bureaucratie.

La revendication de 1675

Le site web du domaine indique que la famille travaille cette terre depuis 1675, décrivant la propriété comme « un acte d'amour ». Cette date n'apparaît dans aucun acte indépendant ni enregistrement fiscal trouvé à ce jour. Ce qui est documenté : Vivien Moinat, né en 1986, a enregistré la société actuelle en 2022, et sa sœur Sabrina co-gère les vignes. Leurs 6,2 hectares se situent entièrement dans l'appellation Mont-sur-Rolle, cultivés en biodynamie. Le nom de famille Moinat apparaît également à la mairie — Marie-Pomme Moinat est syndique d'Essertines-sur-Rolle.

Conseils aux visiteurs

  • Réservez à l'avance

    Les dégustations se font strictement sur rendez-vous. Envoyez un e-mail à [email protected] — l'office du tourisme et l'annuaire des vignerons indiquent deux numéros de téléphone différents, donc l'e-mail évite les incertitudes.
  • Mangez à l'auberge

    L'Auberge de Mont à Mont-sur-Rolle propose une cuisine du terroir de saison avec deux terrasses face au lac Léman et au mont Blanc — prix moyen, fièrement « Fait Maison ». Pour une occasion spéciale, Le Resto de l'Hostellerie du Château à Rolle grille à feu de bois. Sa carte des vins est composée à 90 % de vins vaudois.
  • Demandez avant de photographier

    Ceci est une maison familiale privée et un domaine viticole en activité. Demandez la permission avant de photographier les portraits de famille du XVIIIe siècle du salon, la cheminée de 1908 avec ses colonnes en bois torsadé, ou la cave.
  • Choisissez le bon moment

    Venez par une journée d'automne claire pendant les vendanges (septembre-octobre), lorsque les vignes sont chargées et que le mont Blanc se découpe nettement à l'horizon. L'été 2026 a entraîné des restrictions d'eau et des interdictions de feu dans la commune — consultez les avis municipaux en période de sécheresse.
  • Associez avec les ruines

    Combinez votre dégustation avec les Ruines du château de Mont-le-Vieux, la citadelle médiévale incendiée qui a donné son nom à la commune. Des pierres carbonisées du XVe siècle en haut, des vignes vivantes en bas — c'est toute l'histoire de cette colline.
  • Achetez les bouteilles rares

    Demandez le Chasselas Grand Cru Vieilles Vignes ou le Chasselas passerillé — un vin doux issu de raisins secs qui est vraiment rare. Le Merlot élevé en fût est une curiosité dans La Côte et vaut la peine d'être dégusté.
  • Promenez-vous dans le hameau

    Bugnaux est un hameau de maisons de vignerons protégé au niveau fédéral par l'ISOS — calme, résidentiel, pas une zone touristique. Promenez-vous dans les ruelles avant votre dégustation, mais n'oubliez pas que des gens vivent et travaillent ici.
  • Ne confondez pas les châteaux

    Vous cherchez le Château de Favières à Bugnaux, pas le Château de Rolle au bord du lac — un tout autre château médiéval. Réglez votre navigation sur Rue de Bugnaux 1, 1180 Rolle.

Questions fréquentes

Est-ce que le Château de Favières vaut le détour ?

Oui, si vous vous intéressez au vin suisse et souhaitez visiter un domaine viticole en activité plutôt qu'un musée. Les 6,2 hectares de vignes en biodynamie descendent en pente douce vers le lac Léman, avec le mont Blanc à l'horizon. La salle de dégustation propose du Chasselas et du Pinot Noir qui ont obtenu la reconnaissance « Sélection des vins vaudois » en 2020. Sachez qu'il s'agit d'un domaine familial privé : les dégustations se font sur rendez-vous, ce n'est pas une attraction ouverte à tous.

Comment se rendre au Château de Favières depuis Genève ?

Prenez le train jusqu'à Rolle, puis la ligne de bus 840 en direction d'Essertines-sur-Rolle — environ 1 heure et 9 minutes au total, pour un coût d'environ 13 à 40 CHF. En voiture, dirigez-vous vers la Rue de Bugnaux 1, 1180 Rolle, bien que le château se trouve en réalité dans le hameau de Bugnaux. Le stationnement est limité et non confirmé, il est donc préférable d'appeler à l'avance.

Peut-on visiter le Château de Favières gratuitement ?

Il n'y a pas de billet d'entrée — le domaine est un domaine viticole en activité, pas une attraction payante. Les dégustations de vin se font uniquement sur rendez-vous (« sur rendez-vous »), et vous paierez pour les bouteilles que vous emporterez. Un Sauvignon coûte environ 28 CHF.

Quel est le meilleur moment pour visiter le Château de Favières ?

L'automne, pendant les vendanges, lorsque la cave sent la fermentation et que les feuilles de vigne prennent une teinte dorée. L'été offre les vues les plus claires sur le lac et une longue lumière du soir pour les dégustations en terrasse. L'hiver est calme et frais avec les Alpes enneigées, mais l'accès peut être limité — confirmez toujours d'abord par e-mail ou par téléphone.

Qu'est-ce qu'il ne faut pas manquer au Château de Favières ?

Regardez les tourelles néo-gothiques — elles sont ce qui donne à ce manoir de 1756 son titre de « château ». Ensuite, tenez-vous dans la cour sous le platane, qui fait partie du site patrimonial protégé ISOS, et passez votre main sur son écorce pelée et tachetée. Le portail couvert (portail couvert) est facile à ignorer, mais mérite une pause.

Combien de temps faut-il prévoir au Château de Favières ?

Une dégustation rapide dure 30 à 45 minutes. Une visite complète avec promenade dans le vignoble et visite de la cave dure 1,5 à 2 heures. Comme c'est sur rendez-vous, vous contrôlez le rythme — mais la vue sur le lac Léman mérite un verre lent, pas une dégustation précipitée.

Le Château de Favières est-il un vrai château ?

Pas au sens médiéval — c'est une maison de maître reconstruite en 1756, ornée de romantiques tourelles néo-gothiques. Le véritable château médiéval de la région, Mont-le-Vieux, a été incendié par les troupes suisses en 1475 et ne survit que sous forme de fragments de murs au-dessus du hameau de Châtel. Le titre de « château » ici provient de l'usage local et de la longue histoire familiale du domaine, pas des fortifications.

Quels vins le Château de Favières produit-il ?

Le domaine cultive du Chasselas, de l'Auxerrois, du Gamay, du Pinot Noir, du Gamaret et du Garanoir sur 6,2 hectares dans l'appellation Mont-sur-Rolle. Parmi les vins remarquables, citons un Chasselas Grand Cru Vieilles Vignes, un rare Chasselas passerillé (vin doux issu de raisins secs) et un Pinot Noir élevé en fût. Le Chasselas Millésime 2019 et le Pinot Noir 2018 ont tous deux obtenu la reconnaissance « Sélection des vins vaudois » en 2020.

Sources 9

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