BÀ Benghazi, vous pouvez marcher sur une promenade reconstruite en 2021, entendre l'appel à la prière d'une mosquée du XIVe siècle et sentir l'air marin au-dessus d'un port qui fut grec bien avant d'être autre chose. Voici la deuxième ville de Libye, un lieu où les couches de l'histoire — phénicienne, ottomane, italienne, révolutionnaire — ne sont pas seulement conservées, mais sans cesse disputées, les vieilles pierres étant réévaluées face aux besoins urgents d'une ville qu'on remet debout.
Le cœur de la ville ressemble à un palimpseste. Sous les dalles de la Corniche rénovée de Sidi Khrebish reposent les vestiges de Bérénice, fondée au VIe siècle avant notre ère. Quelques rues plus loin, les murs épais de la mosquée Atiq, datés de 1386, renvoient l'écho de prières ininterrompues à travers les empires. Puis surgit la présence monumentale et austère de la cathédrale de Benghazi, construite dans les années 1930, relique de l'ambition coloniale italienne qui attend désormais son prochain chapitre. Chaque époque s'est bâtie sur la précédente, souvent au sens propre.
Cette tension entre passé profond et présent urgent donne son rythme à la ville. Le paysage sonore mêle marteaux-piqueurs, grues de reconstruction et brouhaha des marchés. En février 2025, le stade international de Benghazi a rouvert, brillant symbole civique de 31,000 places. La ville se prépare à devenir la Capitale arabe de la culture en 2026. Ce n'est pas une pièce de musée. C'est un débat vivant sur ce qu'une ville doit être, mené à coups de béton et de cérémonies.