Période précoloniale
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v. 1500 av. J.-C.
Les Soussous s’installent d’abord à Tombo
Des pêcheurs soussous découvrent le port protégé de l’île de Tombo. Ils nomment les deux villages jumeaux Conakry et Boubinet — à peine 300 âmes vivant de poisson et de manioc, sans se douter que leur île porterait un jour le battement de cœur du pays.
Fondation coloniale française
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1884
Le drapeau français sur Tombo
Le commandant Étienne Noël plante le drapeau tricolore sur l’île de Conakry. Les Français rebaptisent le village de pêcheurs « Conakry » et commencent à défricher les palmeraies pour y construire des bâtiments administratifs. En deux ans à peine, ils élèvent 47 édifices en pierre là où se dressaient des cases de chaume.
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1887
La Grande-Bretagne cède l’île
Londres remet officiellement Tombo à Paris pour 60,000 francs. Dans la salle du traité du port de Boulbinet, des responsables britanniques abandonnent des droits qu’ils n’avaient jamais vraiment exercés. Les Français lancent aussitôt la construction de la chaussée qui unira pour toujours l’île et la péninsule.
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1893
Conakry devient capitale
Le palais du gouverneur se dresse au-dessus du port tandis que Conakry devient la capitale de la Guinée française. Les vapeurs y déchargent désormais 2,000 tonnes de caoutchouc et d’huile de palme chaque mois. La population grimpe à 8,000 habitants — commis, soldats et commerçants venus de cinq continents donnent naissance à la plus récente ville portuaire d’Afrique de l’Ouest.
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1922
Naissance de Sékou Touré
Dans le quartier populaire de Faranah, Ahmed Sékou Touré vient au monde. Ce garçon qui grandira dans les marchés de Conakry deviendra le seul dirigeant africain à rejeter la Communauté française de De Gaulle — et fera de cette ville la capitale d’une nation réellement indépendante.
Fin de la période coloniale
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1949
Création de l’alphabet N’Ko
Solomana Kante publie le premier journal en N’Ko dans le quartier de Medina à Conakry. Son écriture indigène pour les langues mandingues se diffuse depuis cette unique pièce au-dessus d’un atelier de tailleur. Aujourd’hui, le N’Ko s’écrit de la Guinée au Mali — un système d’écriture né dans l’ombre des écoles coloniales françaises.
Ère de l’indépendance
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1958
Le « Non » entendu dans toute l’Afrique
Le 28 septembre : 95% des Guinéens votent « Non » au référendum de De Gaulle. En quelques heures, les administrateurs français commencent à détruire des dossiers et à couper les lignes téléphoniques. Quand le dernier navire français quitte le port le 2 octobre, il laisse derrière lui des bureaux vides et un pays décidé à se définir selon ses propres règles.
Ère Sékou Touré
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1960
Ouverture du Musée national
Sékou Touré inaugure le Musée national de Guinée dans l’ancienne villa d’un administrateur colonial. Les masques et les fétiches autrefois étiquetés « artefacts primitifs » témoignent désormais de 3,000 ans de civilisation ouest-africaine. Les écoliers défilent devant des sculptures bambara et des masques baga, découvrant leur histoire dans leur propre langue pour la première fois.
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1970
Raid portugais sur Conakry
350 commandos portugais prennent d’assaut les plages à l’aube, à la recherche de guérilleros du PAIGC. Les rafales de mitrailleuses résonnent pendant quatre heures dans les rues bordées de palmiers. Les assaillants finissent par se replier, mais cette attaque donne à Touré un prétexte pour resserrer son emprise — les portes de Camp Boiro s’ouvrent pour des milliers de prisonniers politiques.
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1973
Assassinat d’Amílcar Cabral
Le leader révolutionnaire de la Guinée-Bissau descend de voiture devant l’Institut Amílcar Cabral de Conakry quand des hommes armés frappent. Son assassinat dans cette ville qui avait abrité son combat secoue les milieux panafricains. Les soldats du PAIGC bordent les rues pour ses funérailles, leurs chants redji transformant le deuil en détermination renouvelée.
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1978
Arrivée de Stokely Carmichael
Le militant du Black Power atterrit à l’aéroport de Gbessia, accueilli par le président Touré. Rebaptisé Kwame Ture, il construit sa vie dans le quartier de Taouyah à Conakry. Ses conférences du dimanche à l’Institut Kwame Nkrumah attirent militants et intellectuels de toute l’Afrique de l’Ouest — le compagnon de Malcolm X trouve sa dernière maison dans la Guinée révolutionnaire.
Ère Conté
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1984
Le coup d’État de l’aube de Conté
Le colonel Lansana Conté s’empare de la station de radio à 4 heures du matin, annonçant depuis l’Amérique la mort de Sékou Touré. Au lever du jour, les soldats contrôlent chaque carrefour, de l’île de Tombo jusqu’à l’aéroport. La fanfare militaire joue l’hymne de la Guinée pendant que Conté promet la démocratie — une promesse qui sonnera creux pendant 24 ans.
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2000
Achèvement de la Grande Mosquée
La plus grande mosquée d’Afrique de l’Ouest dresse ses quatre minarets au-dessus de l’horizon de Conakry. Les 2,500 fidèles peuvent entendre les vagues de l’Atlantique à travers les arches de marbre. Construite avec des fonds libyens et des artisans nord-africains, son dôme vert devient le nouveau point de repère de la ville — visible depuis chaque bateau de pêche qui entre au port.
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2009
Massacre du stade
Le 28 septembre : les soldats bouclent le stade du 28-Septembre et ouvrent le feu sur 50,000 manifestants. Le stade nommé d’après l’indépendance devient un champ de mise à mort. Quand les corps sont comptés — 157 officiellement, des centaines de plus selon d’autres bilans — la réputation de Conakry comme capitale culturelle de l’Afrique de l’Ouest meurt avec eux.
Guinée démocratique
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2010
Premières élections démocratiques
Alpha Condé remporte le premier véritable scrutin présidentiel de l’histoire de la Guinée. Les électeurs attendent six heures dans des files qui serpentent sur les collines de Conakry. Quand les résultats tombent, la foule danse de la Grande Mosquée à la Cathédrale, ses pas résonnant sur des bâtiments qui ont vu passer coups d’État, révolutions et long trajet de la colonie à la république.
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2021
Le coup d’État de septembre
Les forces spéciales prennent d’assaut le palais présidentiel, mettant fin au troisième mandat controversé de Condé. Le colonel Mamadi Doumbouya s’adresse à la nation depuis le même studio de télévision où Sékou Touré avait autrefois proclamé l’indépendance. Conakry se réveille en découvrant que son cycle de 63 ans de pouvoir des hommes forts vient encore de repartir.