Introduction
Chaque goutte d'eau qui atteignait la cité romaine de Nîmes parcourait près de 27 heures à travers 50 kilomètres de canal en pierre — et le tronçon le plus spectaculaire de ce fleuve invisible se dresse ici même, s'élevant sur trois niveaux au-dessus de la vallée du Gardon. Le Pont du Gard, situé près du village de Vers-Pont-du-Gard dans le sud de la France, est le plus haut pont-aqueduc que les Romains aient jamais construit, et deux mille ans plus tard, il semble encore capable de transporter de l'eau demain. Venez pour l'ingénierie. Restez pour la façon dont la lumière de fin d'après-midi transforme 50 000 tonnes de calcaire en une couleur miel chaleureuse.
Les chiffres à eux seuls sont stupéfiants : 48,8 mètres de haut — environ la hauteur d'un immeuble de 16 étages — avec trois arcades superposées de 6, 11 et 35 arches respectivement. Les blocs massifs des niveaux inférieurs, dont certains pèsent 6 tonnes, ont été ajustés sans mortier. Vous pouvez encore voir les bossages saillants que les bâtisseurs romains ont laissés sur les faces de pierre, initialement utilisés pour agripper les blocs avec des cordes et des poulies, et qui n'ont jamais été taillés car personne ne s'attendait à l'arrivée de touristes.
Mais ce qui fait du Pont du Gard bien plus qu'une curiosité d'ingénierie, c'est son cadre. Le Gardon serpente sous les arches les plus basses, assez peu profond pour y marcher en été, bordé par une garrigue méditerranéenne qui sent le thym et la poussière chaude. Les kayakistes passent dessous. Les baigneurs se prélassent sur les berges de gravier clair. Le classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, accordé en 1985, protège la structure et le paysage environnant, mais le lieu n'a jamais eu l'air d'un musée.
Vers-Pont-du-Gard est elle-même un village provençal paisible, davantage une étape qu'une destination. Le véritable attrait est le pont et le site culturel de 165 hectares qui l'entoure, comprenant un musée, des sentiers de randonnée à travers l'ancienne carrière romaine de L'Estel, et suffisamment d'ombre pour survivre à un après-midi de juillet. Prévoyez au moins une demi-journée — le genre de demi-journée qui devient tranquillement une journée entière.
"C'est pas Sorcier" : Fred et Jamy au Pont du Gard et à Nîmes !
Communauté de Communes Beaucaire Terre d'ArgenceQue voir
Le pont-aqueduc à trois niveaux
Voici ce qu'aucune photographie ne peut vous préparer à ressentir : le Pont du Gard mesure 48,77 mètres de haut — soit environ la hauteur d'un immeuble de 16 étages — et a été construit vers 50 après J.-C. sans la moindre goutte de mortier. Six arches à la base, onze au milieu, et à l'origine 47 petites au sommet, le tout empilé en calcaire coquillier couleur miel, extrait à seulement 600 mètres en aval. Les Romains ont taillé chaque bloc avec une telle précision que la gravité et la friction suffisent à maintenir 50 000 tonnes de pierre en place depuis près de deux millénaires. Traversez le niveau inférieur sur le pont Pitot de 1747 (conçu par l'ingénieur Henri Pitot pour imiter si fidèlement l'œuvre romaine que la plupart des visiteurs ne réalisent jamais qu'il s'agit d'un ajout du XVIIIe siècle) et passez votre main sur la pierre. Vous sentirez la différence : les blocs romains sont plus rugueux, plus massifs, portant encore les traces de passage des outils des carriers du Ier siècle. Observez de plus près les piles et vous remarquerez un détail que presque personne ne voit : des lettres et des chiffres gravés, des codes de positionnement sculptés par les bâtisseurs pour marquer précisément l'emplacement de chaque pierre dans la séquence d'assemblage. Ils sont plus faciles à lire sous une lumière rasante, tôt le matin ou en fin d'après-midi, lorsque les ombres se logent dans les incisions peu profondes. Tenez-vous sous l'arche centrale — délibérément élargie à 24,52 mètres (trois mètres de plus que ses voisines) pour laisser passer les crues violentes du Gardon — et frappez une fois dans vos mains. La voûte en calcaire renvoie une résonance que vous pouvez ressentir dans votre poitrine. Les arches latérales plus petites produisent un écho plus fin et plus rapide. Les Romains ont conçu ce pont pour transporter 40 000 mètres cubes d'eau par jour d'Uzès à Nîmes ; ce qu'ils ont également créé, qu'ils l'aient voulu ou non, est un instrument.
Le canal du troisième niveau (visite guidée uniquement)
La visite guidée « Immersion » coûte 15 € et comprend l'ascension d'environ 80 marches jusqu'au sommet de l'aqueduc, où vous pénétrez à l'intérieur du specus — le canal même où l'eau a coulé pendant cinq siècles. C'est l'expérience la plus extraordinaire que vous puissiez vivre ici, et les réservations partent vite, alors réservez en ligne avant votre arrivée. Le conduit est étroit, faisant à peine la largeur d'une épaule par endroits, et l'éclairage est tamisé. Vos doigts effleureront les parois recouvertes d'opus signinum, ce mortier d'étanchéité romain aux tons rosés qui tapisse encore certaines sections du canal — lisse et frais, poli par des siècles de courant, avec une texture qui n'a rien à voir avec le calcaire rugueux de l'extérieur. L'air sent légèrement la chaux ancienne et le minéral humide. À près de 49 mètres en dessous, la rivière n'est qu'un ruban pâle ; le vent est plus fort ici que vous ne l'imaginez, et regarder à travers les interstices des petites arches supérieures provoque un véritable vertige. Ce qui vous frappe le plus, cependant, c'est l'intimité du lieu. Au niveau de la rivière, le Pont du Gard est un monument, une abstraction de la puissance romaine. Ici, à l'intérieur des entrailles de la structure, il devient une conduite. Une conduite brillamment conçue, d'une ambition absurde, construite par des mains humaines identifiables dont vous pouvez suivre les traces d'outils du bout des doigts.
Le sentier des Mémoires de Garrigue et la carrière romaine
La plupart des visiteurs photographient le pont, le traversent et repartent. Ils passent à côté du sentier des Mémoires de Garrigue, un itinéraire de 1,4 kilomètre — un musée de plein air en boucle à travers 15 hectares de garrigue méditerranéenne restaurée sur la rive gauche, parsemé de murs en pierre sèche et de capitelles (petites cabanes de bergers en pierre à encorbellement qui semblent sortir d'un conte de fées, bien qu'elles datent de siècles de dur labeur agricole). En été, la garrigue exhale un parfum de thym sauvage, de romarin et de lavande si intense qu'on peut presque le goûter. Les cigales produisent, de fin juin à août, un mur sonore qui frise l'agression physique. Le sentier passe devant une table d'orientation offrant une vue sur le pont dans son contexte de vallée — de là, vous pouvez enfin percevoir la subtile courbe en amont conçue dans la structure pour résister aux courants de la rivière, invisible de près. Continuez ensuite de 600 mètres en aval vers la carrière romaine, où les fronts de taille montrent encore les marques de l'endroit où chaque bloc a été dégagé. Ajoutez à cela le belvédère de la rive droite — le point de vue surélevé classique où le soleil de fin d'après-midi transforme le calcaire en un ambre profond — et vous obtenez un circuit de 3 à 4 heures qui transforme le Pont du Gard : d'une simple image de carte postale, il devient le centre d'un paysage technique complet. Portez de bonnes chaussures. Apportez de l'eau. En hiver, vous pourriez bien l'avoir pour vous tout seul.
Galerie photos
Explorez Pont Du Gard en images
Le Pont du Gard enjambe le Gardon avec trois niveaux d'arches romaines, sa pierre claire captant le soleil bas. Des arbres et des berges rocheuses encadrent l'aqueduc près de Vers-Pont-du-Gard.
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La lumière dorée accroche les arches superposées du Pont du Gard, l'aqueduc romain traversant la vallée rocheuse du Gardon près de Vers-Pont-du-Gard.
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Le Pont du Gard porte ses arches romaines à travers le Gardon près de Vers-Pont-du-Gard. Le ciel lumineux et les petites silhouettes en bas témoignent de l'échelle de l'aqueduc antique.
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Le Pont du Gard s'étire sur le Gardon près de Vers-Pont-du-Gard, ses arches romaines se reflétant dans l'eau calme. La lumière vive fait ressortir le calcaire chaud sur le ciel bleu.
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La lumière dorée accroche les arches romaines superposées du Pont du Gard au-dessus de la vallée boisée près de Vers-Pont-du-Gard. Aucune personne n'est visible, laissant l'échelle de l'aqueduc dominer l'image.
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Le Pont du Gard s'élève au-dessus du Gardon près de Vers-Pont-du-Gard, ses arches romaines captant la lumière claire du sud. Les petits visiteurs sur les rochers montrent l'échelle de l'aqueduc antique.
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Observez attentivement les bossages de pierre saillants — les petits renflements rectangulaires qui dépassent encore des arches. Ils ont été laissés délibérément par les bâtisseurs romains pour soutenir l'échafaudage pendant la construction et n'ont jamais été taillés à ras, vous offrant un aperçu direct des méthodes d'ingénierie du Ier siècle.
Informations pratiques
Comment s'y rendre
En voiture, prenez l'autoroute A9 jusqu'à la sortie 23 (Remoulins), puis suivez la RN100 vers Uzès — le site est à 27 km de Nîmes et 21 km d'Avignon. En bus, la ligne 121 depuis Nîmes coûte 2 € et dure environ 54 minutes ; la ligne 115 relie Avignon et Alès. Une magnifique Voie Verte de 32 km sans voiture relie Beaucaire à Uzès et passe directement par le site — l'itinéraire cyclable ViaRhôna passe également par là.
Horaires d'ouverture
À partir de 2026, le site et les parkings sont ouverts tous les jours de 8h00 à minuit, toute l'année — mais votre véhicule doit être sorti avant minuit sous peine de devoir payer une amende forfaitaire. Le musée, le cinéma et le centre Ludo suivent des horaires saisonniers qui changent mensuellement, pensez donc à consulter le site officiel avant votre visite. Les visites guidées vers le sommet de l'aqueduc suivent un calendrier distinct et nécessitent une réservation à l'avance.
Temps nécessaire
Une marche rapide depuis le parking pour photographier le pont et revenir prend 1,5 à 2 heures. Pour l'expérience complète — musée, projection de film, visite guidée montant les 80 marches jusqu'au troisième niveau où marchaient autrefois les ingénieurs romains — prévoyez 3,5 à 4,5 heures. La visite guidée représente un engagement important, mais se tenir à l'intérieur du canal d'eau à 49 mètres au-dessus du Gardon est le genre de souvenir que l'on garde des décennies plus tard.
Coût et Billetterie
À partir de 2026, le parking est à 9 €/voiture/jour (convertible en pass annuel gratuit sous 14 jours via leur site web). Les espaces de découverte (musée, cinéma, Ludo) coûtent 8 € pour les adultes ; les moins de 18 ans et les visiteurs en situation de handicap entrent gratuitement. Les visites guidées du sommet coûtent 15 €/adulte et 6 € pour les enfants de 4 à 17 ans. Un audioguide en 8 langues est disponible à 4 €. Présentez un titre de transport liO valide pour bénéficier de tarifs réduits (6 € pour la découverte, 13 € pour la visite guidée).
Accessibilité
Tous les chemins pavés traversant le site sont accessibles en fauteuil roulant, et des fauteuils roulants gratuits sont disponibles sur demande. Les bâtiments culturels et le restaurant Les Terrasses sont équipés d'ascenseurs ; le musée comprend des expositions tactiles et un théâtre radiophonique pour une découverte sensorielle. La seule exception : la visite guidée du troisième niveau comporte 80 marches et des sentiers de garrigue accidentés, ce qui la rend inaccessible aux personnes à mobilité réduite.
Conseils aux visiteurs
Venez à l'heure dorée
Arrivez durant les deux dernières heures avant le coucher du soleil — le Gardon reflète le calcaire couleur miel, les bus de touristes sont déjà partis, et vous pourrez photographier le pont sans 200 inconnus dans votre cadre. La lumière du matin frappe la face amont ; la lumière du soir dore les arches aval.
Mangez face aux arches
Les Terrasses, sur la rive droite, propose une cuisine régionale avec une vue directe depuis la terrasse sur le monument — réservez à l'avance au 04.66.63.91.37. Pour manger à petit prix, le Bistro du Pont du Gard sur la rive gauche propose des salades et des sandwichs avec brumisateurs en été. Les pique-niques sont explicitement autorisés partout sur le site ; des tables sont installées près du Vieux Moulin sur la rive gauche.
Le sommet est incontournable
La visite guidée montant les 80 marches jusqu'au troisième niveau de l'aqueduc vous permet de scruter le véritable canal d'eau qui transportait 40 000 mètres cubes par jour jusqu'à Nîmes — soit 16 piscines olympiques toutes les 24 heures. Réservez à l'avance ; les créneaux se remplissent vite en été, et c'est la seule façon d'accéder au sommet.
Combinez avec Uzès
La ville d'Uzès — où coulent encore les sources de l'aqueduc — se trouve à seulement 14 km au nord et possède un spectaculaire marché du samedi matin, un palais ducal médiéval et des places bordées de cafés qui justifient bien un deuxième expresso. La Voie Verte relie les deux si vous êtes à vélo.
L'astuce du pass parking
Votre ticket de parking de 9 € peut être converti en un pass annuel gratuit sous 14 jours sur abonnement.pontdugard.fr — très utile si vous séjournez dans la région et souhaitez revenir à l'aube ou au crépuscule sans repayer.
Baignade à vos risques et périls
La baignade dans le Gardon sous le pont est autorisée par un arrêté municipal qui précise qu'elle se fait à vos propres risques — pas de sauveteurs, courants forts après la pluie. Par beau temps en été, les locaux se baignent sur les plages de la rive gauche. Vérifiez l'état de la rivière avant de vous lancer.
Contexte historique
Cinquante kilomètres de gravité
Vers 50 après J.-C., la colonie romaine de Nemausus — l'actuelle Nîmes — était en plein essor. Sa population avait dépassé les 20 000 habitants, et les puits et sources existants ne suffisaient plus à répondre à la demande des thermes publics, des fontaines ornementales et des villas privées qu'exigeait toute cité romaine respectable. La solution fut un aqueduc, alimenté par les sources de la Fontaine d'Eure près d'Uzès, à 20 kilomètres à vol d'oiseau au nord, mais parcourus sur 50 kilomètres par le cours de l'eau. L'ensemble du canal ne descend que de 12,6 mètres sur cette distance — une pente d'environ 1 pour 3 000, soit à peu près l'épaisseur d'une pièce de monnaie par mètre. Une seule erreur de calcul, et l'eau aurait stagné, aurait remonté le courant ou aurait fait éclater les parois du canal.
Le Pont du Gard constituait le segment le plus audacieux : un pont à trois niveaux enjambant la gorge du Gardon à un point où la vallée est à la fois assez étroite pour être traversée et assez profonde pour exiger une œuvre colossale. Les archives indiquent que la structure a été construite sous les règnes de Claude ou de Néron, et le site officiel affirme que près de mille ouvriers l'ont achevée en environ cinq ans, bien que ce chiffre ne soit pas confirmé de manière indépendante. Ce qui est certain, c'est que l'aqueduc acheminait environ 30 000 à 40 000 mètres cubes d'eau par jour vers Nîmes — de quoi remplir environ 16 piscines olympiques — et ce, pendant près de cinq siècles.
Henri Pitot et le pont qui a sauvé le pont
Au début du XVIIIe siècle, le Pont du Gard était en grave difficulté. Des siècles d'utilisation comme pont de péage et passage piétonnier avaient laissé des traces — au sens propre comme au figuré. Les seigneurs locaux permettaient aux voyageurs de traverser le deuxième niveau moyennant finance, et le trafic de charrettes avait usé la maçonnerie ancienne. Pire encore, certaines faces des piles avaient été entaillées pour élargir le passage, fragilisant dangereusement la structure. Le pont qui transportait autrefois l'eau risquait désormais de s'effondrer sous le poids du commerce.
C'est alors qu'intervient Henri Pitot, un ingénieur hydraulicien du Languedoc, célèbre pour avoir inventé le tube de Pitot, encore utilisé aujourd'hui pour mesurer la vitesse des fluides dans les aéronefs. En 1743, le gouvernement provincial du Languedoc charge Pitot de concevoir un nouveau pont routier longeant l'aqueduc, afin de libérer la structure romaine du trafic une fois pour toutes. Pitot faisait face à un problème délicat : son nouveau pont devait s'attacher au côté aval du Pont du Gard sans le déstabiliser. Il étudia de près les méthodes de construction romaines, adapta la largeur de ses piles à celles de l'ancien ouvrage, et acheva le pont routier en 1747. L'intervention fut controversée — les puristes affirmaient que greffer une structure moderne sur un monument romain était un acte de vandalisme — mais le calcul pragmatique de Pitot s'avéra juste. Sans cette déviation, le Pont du Gard aurait presque certainement été démantelé par un autre siècle de trafic de roues.
Le pont de Pitot se tient toujours aux côtés de l'aqueduc aujourd'hui, visiblement différent par la couleur et le style de sa pierre, mais respectueux de la structure. Ce fut le premier acte d'une longue et parfois conflictuelle histoire de la conservation — une histoire d'ingénieurs et d'architectes débattant de la limite entre intervention nécessaire et excès, un débat qui se poursuit encore aujourd'hui.
Pont de péage, carrière et survivant
Après l'arrêt de l'écoulement de l'aqueduc — probablement au VIe siècle, obstrué par les dépôts de calcaire et les débris — le Pont du Gard est entré dans une longue vie d'infrastructure. Des seigneurs et des évêques médiévaux percevaient des péages auprès des voyageurs traversant le deuxième niveau. Les habitants utilisaient la structure comme une carrière pratique, arrachant des blocs de pierre pour leurs propres projets de construction. Au XVIIe siècle, les dommages étaient assez graves pour inquiéter les visiteurs. Napoléon III ordonna une restauration majeure dans les années 1850, et l'État français n'a cessé de colmater, stabiliser et débattre de l'état du pont depuis lors. Le projet de grande envergure le plus récent, achevé en 2000, a déplacé le parking de la rive pour créer le site culturel piétonnier que les visiteurs connaissent aujourd'hui.
La carrière de l'Estel
La plupart des visiteurs passent à côté de l'un des épisodes les plus révélateurs de son histoire. La carrière de l'Estel, située sur un court sentier en aval sur la rive gauche, est l'endroit où les ouvriers romains taillaient les énormes blocs de calcaire du pont. On peut encore y voir les traces d'outils — des sillons de ciseau parallèles sur la paroi rocheuse — et les empreintes négatives des blocs déjà retirés, comme dans un gigantesque bac à glaçons. La carrière a été rouverte au XVIIIe siècle lorsque Pitot avait besoin de pierre pour son pont routier, ajoutant une seconde couche de cicatrices d'extraction. En la parcourant, on prend une conscience viscérale de l'immense travail manuel derrière l'élégance des arches supérieures : pas de béton, pas de mortier sur la structure principale, juste de la pierre taillée avec précision et l'audace de l'empiler sur 49 mètres de haut.
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Questions fréquentes
Le Pont du Gard vaut-il le détour ? add
Absolument — c'est le plus haut pont-aqueduc romain jamais construit, s'élevant à près de 49 mètres de haut (imaginez un immeuble de 16 étages fait de calcaire doré, assemblé sans une seule goutte de mortier vers 50 après J.-C.). Au-delà de la structure elle-même, vous pouvez vous baigner dans le Gardon sous le pont en été, marcher à l'intérieur du véritable canal d'eau lors d'une visite guidée, et explorer un sentier de 1,4 km à travers la garrigue méditerranéenne parsemée d'anciennes cabanes de bergers en pierre sèche. L'expérience sensorielle — le chant des cigales en juillet, l'écho sous l'arche centrale, l'odeur du thym sauvage chauffé au soleil — fait de ce lieu bien plus qu'une simple étape photo.
Combien de temps faut-il prévoir au Pont du Gard ? add
Prévoyez 3 à 4 heures pour une visite complète incluant le musée, une visite guidée jusqu'au dernier étage et du temps au bord de la rivière. Si vous souhaitez seulement traverser le niveau inférieur et prendre des photos, 90 minutes suffiront, mais vous passerez à côté du meilleur — notamment la visite guidée à l'intérieur du conduit d'eau vieux de 2 000 ans au sommet, qui dure à elle seule environ une heure, montée des 80 marches comprise.
Peut-on visiter le Pont du Gard gratuitement ? add
Oui — marcher jusqu'au monument, traverser le pont du niveau inférieur et accéder aux berges de la rivière est gratuit. Vous ne payez que le parking (9 € par voiture et par jour), le musée et les espaces culturels (8 € pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans), ou une visite guidée jusqu'au troisième niveau (15 € pour les adultes). Arriver à vélo via la Voie Verte de 32 km depuis Beaucaire ou Uzès permet d'éliminer totalement les frais de parking.
Comment se rendre au Pont du Gard depuis Nîmes ? add
Il se situe à 27 km au nord-ouest de Nîmes — environ 25 minutes en voiture via l'autoroute A9 (sortie 23, Remoulins), puis suivez la RN100 en direction d'Uzès. En transports en commun, la ligne de bus 121 relie Nîmes au site pour 2 €, avec un trajet d'environ 54 minutes. La Voie Verte cyclable relie également Beaucaire à Uzès en passant par le pont si vous préférez les deux roues.
Quelle est la meilleure période pour visiter le Pont du Gard ? add
Le mois d'octobre offre la combinaison idéale : une lumière d'automne dorée et rasante qui transforme le calcaire en ambre, des températures de marche agréables et beaucoup moins de visiteurs qu'en été. Pour la photographie spécifiquement, arrivez avant 9 h quelle que soit la saison — vous aurez souvent la passerelle inférieure presque pour vous seul, et une brume matinale s'élève parfois du Gardon. L'été (juin-août) apporte la baignade et les cigales mais aussi une chaleur extrême et des parkings bondés ; l'hiver vous offre la solitude et la chance de voir la rivière en crue spectaculaire, révélant exactement pourquoi les Romains ont élargi cette arche centrale.
Que ne faut-il pas manquer au Pont du Gard ? add
La visite guidée du troisième niveau est incontournable — vous montez 80 marches pour marcher à l'intérieur du véritable canal d'eau romain, en touchant l'enduit d'étanchéité en opus signinum d'origine présent depuis le Ier siècle. Cherchez également la carrière romaine à 600 mètres en aval sur la rive gauche, où les marques d'extraction des bâtisseurs originaux sont encore visibles dans la roche. Sur les piles du niveau inférieur, cherchez de petites lettres et chiffres gravés à hauteur d'yeux — ce sont les codes d'assemblage que les ingénieurs romains utilisaient pour positionner chacun des quelque 50 000 tonnes de blocs de pierre.
Peut-on se baigner au Pont du Gard ? add
Oui, en été — les plages du Gardon directement adjacentes au pont sont ouvertes à la baignade à vos propres risques, conformément à un arrêté municipal. L'eau est claire et rafraîchissante en juillet et août lorsque les niveaux sont bas, et l'expérience de flotter sous un aqueduc vieux de 2 000 ans est véritablement surréaliste. Vous pouvez également faire du kayak dans les gorges du Gardon et passer directement sous l'arche centrale, ce qui est sans doute la façon la plus spectaculaire de découvrir le monument.
Y a-t-il des visites guidées au Pont du Gard ? add
Oui — la visite guidée phare « Immersion » (1 heure, 15 € adultes / 6 € enfants de 4 à 17 ans) vous emmène monter les 80 marches jusqu'au troisième niveau et à l'intérieur même de l'ancien conduit d'eau, la seule façon d'accéder au sommet de l'aqueduc. Réservez à l'avance en ligne car les places sont limitées, arrivez 15 minutes en avance et portez de bonnes chaussures de marche — le chemin de retour traverse un terrain de garrigue accidenté. La visite n'est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.
Sources
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Site officiel du Pont du Gard
Source principale pour la date de construction (~50 après J.-C. sous Claude/Néron), les informations pratiques pour les visiteurs incluant les tarifs, les horaires d'ouverture, le parking, les détails des visites guidées, l'accessibilité, les options de transport, les bornes de recharge pour véhicules électriques et les services sur place.
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Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO — Pont du Gard
Dimensions architecturales (48,77 m de hauteur, 24,52 m de portée de l'arche centrale, 360 m de longueur originale), détails des techniques de construction (pierre sèche, marques d'assemblage, piles à bec, plan curviligne), contexte historique du pont de Pitot (1746), et des bâtiments du moulin à farine et de l'hôtel sur le site.
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Gard Tourisme
Informations sur le sentier Mémoires de Garrigue (1,4 km, 15 hectares), les avertissements de baignade estivale et de chaleur, le canoë dans les gorges du Gardon, la course Veni Vici, la description de la scénographie du musée, l'estimation de 11 millions de blocs de pierre / 50 000 tonnes, la Voie Verte et l'application smartphone Pont du Gard Tour.
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Wikipedia — Pont du Gard
Confirmation de la construction au Ier siècle après J.-C., l'aqueduc de 50 km reliant Uzès à Nîmes, le volume d'eau (30 000–40 000 m³/jour), l'utilisation post-romaine comme pont à péage, le pillage de pierres, et les dates du pont routier de Pitot (1743–1747).
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Perfectly Provence
Conseils pratiques pour les visiteurs, notamment la durée de visite recommandée, les variations saisonnières des horaires d'ouverture, l'accès aux visites guidées du troisième niveau et les informations sur les pique-niques.
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Rome2Rio
Informations sur l'itinéraire de bus de Nîmes à Vers-Pont-du-Gard, incluant la ligne 121, le tarif (2 €) et la durée approximative du trajet (54 minutes).
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Le Long Weekend
Détails pratiques sur les heures de fermeture du parking et les frais de départ tardif.
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verified
Page Facebook du Pont du Gard
Recommandations de points de vue, incluant le Belvédère de la Rive Droite (vue plongeante) et le Belvédère de la Rive Gauche pour la photographie.
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