Vienna.

38° N · 77° W États-Unis

Le serveur du Café Hawelka ne vous sourira pas, ne vous demandera pas comment se passe votre journée et déposera un verre d'eau à côté de votre Melange sans que vous le demandiez — et à Vienne, c'est exactement à cela que ressemble un service excellent. La capitale autrichienne est une ville où le vouvoiement formel ("Sie") régit encore les conversations entre inconnus, où les voisins font respecter les heures de silence avec une conviction sincère, et où se plaindre de tout, de la météo à l'opéra, n'est pas du pessimisme mais une forme de lien social que les Viennois appellent le Raunzen.

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Vienna, États-Unis
Vienna · États-Unis
42
attractions
4–5 jours
durée du séjour
Printemps (mai–juin) et automne (septembre)
meilleure saison
FR · EN
narration

01 An introduction

synthétisé à partir de 240+ sources ·

VLe serveur du Café Hawelka ne vous sourira pas, ne vous demandera pas comment se passe votre journée et déposera un verre d'eau à côté de votre Melange sans que vous le demandiez — et à Vienne, c'est exactement à cela que ressemble un service excellent. La capitale autrichienne est une ville où le vouvoiement formel ("Sie") régit encore les conversations entre inconnus, où les voisins font respecter les heures de silence avec une conviction sincère, et où se plaindre de tout, de la météo à l'opéra, n'est pas du pessimisme mais une forme de lien social que les Viennois appellent le Raunzen.

Ce qui rend Vienne étrange et captivante, c'est la coexistence d'une grandeur impériale avec un sens de l'intime profond, presque têtu. La Ringstraße — ce boulevard monumental que les Habsbourg ont tracé autour de la vieille ville dans les années 1860 — abrite l'Opéra d'État, le Kunsthistorisches Museum, le Burgtheater et le Parlement, le tout accessible en un seul tour de tramway. Mais il suffit de s'éloigner d'un pâté de maisons de la Ring pour entrer dans l'un des quartiers du centre et se retrouver dans un voisinage de boulangeries où les habitués ont "leur" boulangerie pour les Semmel, de Beisln où la recette du goulasch n'a pas changé depuis la grand-mère du cuisinier, et de jardins de cour invisibles depuis la rue. Vienne fonctionne simultanément sur deux registres : la ville publique et cérémonielle des palais de 1 441 pièces et des concerts du Nouvel An diffusés à des millions de téléspectateurs, et la ville privée des places debout à l'opéra pour quatre euros, des saucisses Käsekrainer dégustées à 2 h du matin aux côtés de chauffeurs de taxi et de politiciens, et des promenades dominicales au Zentralfriedhof où Beethoven, Brahms, Schubert et Strauss reposent tous à quelques centaines de mètres les uns des autres.

Le café à lui seul justifie le voyage — non pas parce qu'il est meilleur que ce que vous trouverez à Melbourne ou à Tokyo, mais parce qu'ici, le salon de café n'est pas un café comme les autres. C'est une institution civique, reconnue par l'UNESCO depuis 2011, où un seul Einspänner (double expresso surmonté d'un dôme de crème fouettée, servi dans un verre) vous donne droit à tout un après-midi avec les journaux de la maison sur leurs supports en bois, sans que personne ne jette le moindre regard à votre tasse vide. Freud a élaboré ses idées au Café Landtmann. Peter Altenberg se faisait livrer son courrier au Café Central. Cette tradition perdure non par nostalgie, mais comme une infrastructure fonctionnelle : les Viennois se rendent encore dans leur Kaffeehaus pour lire, débattre et s'asseoir dans un silence productif.

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02 Pourquoi Vienna.

Ce qui rend ce lieu digne qu'on ralentisse le pas.

Capitale impériale, toujours au pouvoir

Les Habsbourg ont gouverné la moitié de l'Europe depuis ici pendant six siècles, et l'infrastructure qu'ils ont laissée — les 1 441 pièces de Schönbrunn, les 18 ailes de la Hofburg, les jardins baroques du Belvédère — rythme encore la ville. Vienne ne préserve pas tant son passé impérial qu'elle vit en son sein.

Un art qui a tout changé

Le Baiser de Klimt est accroché au Belvédère supérieur, la plus grande collection de Bruegel au monde remplit le Kunsthistorisches Museum, et les toiles brutes d'Egon Schiele troublent encore un siècle plus tard. C'est une ville où les révolutions artistiques se sont jouées à l'intérieur, autour d'un café, et les preuves sont toujours là.

Là où vit la musique classique

Mozart, Beethoven, Brahms, Schubert, Mahler et Strauss ont tous composé ici — non pas en visiteurs, mais en résidents. L'Orchestre philharmonique de Vienne, la Staatsoper et le Musikverein ne sont pas des monuments dédiés à une tradition révolue ; les places debout à quelques euros un mardi quelconque en sont la preuve vivante.

Le café viennois, une institution

La culture du café viennois est inscrite au patrimoine de l'UNESCO pour une bonne raison : commander un Melange au Café Central, où Trotsky jouait autrefois aux échecs, relève moins de la caféine que de la conquête d'une table en marbre, d'un journal sur son support en bois et de deux heures sans précipitation que personne ne viendra interrompre.


04 Quartiers.

Où flâner, quartier par quartier — chacun avec son propre rythme.

01

Innere Stadt (1er arrondissement)

Tout ce qui se trouve à l'intérieur de la Ringstraße — les 2,600 pièces de la Hofburg, le toit de tuiles de la Stephansdom, le quartier des bars du Bermuda Triangle autour de la Ruprechtsplatz, et le minuscule Loos American Bar où Adolf Loos a fait tenir tout un monde de marbre et de miroirs dans 27 mètres carrés. La maison originelle du Schnitzel de Figlmüller se trouve Bäckerstraße (prenez le petit établissement d'origine, pas l'adresse de Wollzeile). La densité touristique est forte, mais la qualité l'est aussi ; tout l'art consiste à choisir avec soin. Une place debout à la Staatsoper coûte moins cher qu'un cocktail.

02

Neubau (7e arrondissement)

Le quartier créatif de Vienna — boutiques indépendantes, galeries, bars à vin, et les ruelles pavées de Spittelberg, qui accueillent le marché de Noël le plus prenant de la ville. Le MuseumsQuartier en marque la lisière orientale : le Leopold Museum (plus grande collection Schiele au monde), le mumok, la Kunsthalle, et la vaste cour où les Viennois s'étendent sur d'immenses chaises longues pendant les soirées d'été. La Gumpendorfer Straße et la Siebensterngasse alignent des adresses où manger et boire sans la moindre carte pour touristes.

03

Leopoldstadt (2e arrondissement)

L'ancien quartier juif de Vienna, aujourd'hui le secteur qui change le plus vite dans toute la ville. Le Karmelitermarkt attire le samedi une clientèle plus jeune venue pour les fromages artisanaux et les vins naturels. Le parc du Prater s'étire vers l'est — la grande roue Riesenrad de 1897 en est l'icône, mais les habitants viennent surtout pour la Hauptallee, 6-kilometer bordés de marronniers, parfaite pour courir ou pédaler. Grelle Forelle et Pratersauna structurent la scène électronique le long du canal du Danube. On appelle parfois l'endroit le Brooklyn de Vienna, ce qui est réducteur, mais pas tout à fait faux.

04

Wieden (4e arrondissement)

Le quartier touche le Naschmarkt puis se déploie dans des rues de plus en plus prises par de jeunes actifs et des restaurants sérieux. Le bâtiment de la Sécession se dresse à son extrémité nord — la Frise Beethoven de Klimt, au sous-sol, est monumentale, étrange, et mérite vraiment le détour. Le Wien Museum, sur la Karlsplatz, a rouvert en 2023 avec une entrée gratuite pour la collection permanente, retraçant la ville de Vindobona à aujourd'hui. Plus calme et plus résidentiel que le 1er, avec une scène gastronomique qui s'améliore sans cesse.

05

Mariahilf (6e arrondissement)

Le Naschmarkt — 1.5 kilometers d'étals en plein air où l'on vend de tout, de l'huile de graines de courge de Styrie aux fruits secs persans — dessine la bordure nord du quartier. Le samedi, le marché aux puces s'étire vers l'ouest, et le bon rituel consiste à faire ses achats, manger un petit pain au Leberkäse debout, boire un Spritzer au stand de vin, puis continuer à fouiller. Le Café Sperl, sur la Gumpendorfer Straße, a conservé intacte sa table de billard de 1880 ainsi que ses porte-journaux. Évitez les restaurants avec service assis à l'intérieur même du marché — les stands où l'on mange debout sont meilleurs et moins chers.

06

Josefstadt (8e arrondissement)

Calme, élégant, résidentiel — le plus petit arrondissement de Vienna, et l'un des plus agréables à vivre. Le secteur de la Piaristengasse compte de bonnes tables sans la pression du flot touristique. Le vrai atout, c'est la proximité de la bande de bars du Gürtel : les arches sous la ligne aérienne du U6 entre la Josefstädter Straße et la Nußdorfer Straße abritent le Chelsea (indie et post-punk depuis les années 1990), le B72 et le Rhiz. C'est ici que les étudiants viennois et les jeunes actifs sortent vraiment.

07

Ottakring (16e arrondissement)

Populaire, multiculturel, et siège du Brunnenmarkt — l'un des plus longs marchés de rue d'Europe centrale, avec des vendeurs turcs, balkaniques et autrichiens pratiquant des prix qui font passer le Naschmarkt pour une version de luxe. La brasserie Ottakringer propose des visites. Personne ne vient ici pour le tourisme, et c'est précisément l'intérêt du lieu. La cuisine dite ethnique — ćevapi bosniens, börek turcs, grillades balkaniques — compte parmi les plus franches de la ville.

08

Döbling (19e arrondissement)

Le pays du vin de Vienna — sans quitter les limites de la ville. Les villages de coteau de Grinzing, Sievering et Neustift am Walde sont semés de Heurigen, ces tavernes où les vignerons locaux servent leur propre production sous une branche de pin suspendue au-dessus de la porte. Grinzing attire les autocars ; le choix avisé consiste à traverser le Danube jusqu'aux Heurigen de Stammersdorf, dans le 21e arrondissement, accessibles en tram, où le vin est tout aussi bon, les buffets froids plus généreux, et les touristes totalement absents. Commandez un Viertel de Gemischter Satz — le blanc d'assemblage de campagne propre à Vienna, désormais protégé par le statut DAC — et une assiette de Liptauer.

Chronologie historique

Capitale des empires, berceau des révolutions

D'un fort frontalier romain à la ville qui a réinventé la musique, la psychologie et la vie moderne

Époque romaine et haut Moyen Âge
vers 15 av. J.-C.

Les légions bâtissent Vindobona

Des soldats romains stationnés le long de la frontière du Danube établissent un camp militaire qu'ils nomment Vindobona, un nom celtique signifiant approximativement « champ blanc ». Le camp est installé sur une falaise dominant le fleuve — l'actuel Hoher Markt — et se développe en une ville de garnison d'environ 6 000 habitants. L'empereur Marc Aurèle y mourra en 180 apr. J.-C., achevant peut-être ses *Méditations* avec le Danube en vue.

881

Un nom apparaît dans les chroniques

Les Annales de Salzbourg mentionnent une bataille « ad Weniam » — la première trace écrite évoquant le nom de Vienne. La localité est un modeste comptoir commercial entre les territoires carolingiens et magyars. Il faudra encore un siècle, ainsi que la victoire d'Otton Ier au Lechfeld en 955, pour que la région soit définitivement intégrée au monde germanophone.

Vienne médiévale
1137

Début de la cathédrale Saint-Étienne

La première église romane Saint-Étienne s'élève sur un site qui définira la silhouette de Vienne pendant près de neuf siècles. Le bâtiment sera agrandi, brûlé, reconstruit et agrandi de nouveau — sa tour sud, achevée en 1433 à 136 mètres, reste la plus haute tour d'église d'Autriche. Les Viennois mesurent encore les distances à partir du Stephansdom, tout comme les Parisiens le font depuis Notre-Dame.

1278

Les Habsbourg s'emparent de la ville

Rodolphe Ier de Habsbourg défait le roi de Bohême Ottokar II lors de la bataille du Marchfeld, à l'est de Vienne, et revendique l'Autriche pour sa dynastie. C'est le début d'une relation qui durera 640 ans. Les Habsbourg transformeront une bourgade marchande régionale en le centre névralgique d'un empire multinational s'étendant des Pays-Bas aux Balkans.

1365

Une université pour l'Empire

Le duc Rodolphe IV fonde l'université de Vienne, sur le modèle de la Sorbonne. C'est la plus ancienne université encore en activité dans le monde germanophone. L'« Alma Mater Rudolphina » formera Schrödinger, Boltzmann, Hayek et Freud, et verra naître le Cercle de Vienne des positivistes logiques — une concentration de puissance intellectuelle que peu d'universités au monde peuvent égaler.

Guerres ottomanes et Baroque
1529

La marée ottomane atteint les murailles

Le sultan Soliman le Magnifique arrive avec peut-être 120 000 hommes et assiège Vienne pendant trois semaines en octobre. La garnison de la ville, forte d'environ 20 000 soldats et dirigée par le comte Niklas von Salm, résiste — à peine. Des chutes de neige précoces et des lignes d'approvisionnement étirées forcent le retrait ottoman. Vienne survit, mais le choc psychologique transforme la ville : de nouvelles fortifications massives s'élèvent et les terrains vagues autour des murailles sont déblayés, créant le glacis qui deviendra un jour la Ringstraße.

1679

La Grande Peste ravage Vienne

La peste bubonique se propage dans les rues médiévales exiguës, tuant environ 76 000 personnes — soit près d'un tiers de la population. L'empereur Léopold Ier fuit à Prague. Une fois l'épidémie retombée, la cour commande l'ornementée Pestsäule (colonne de la Peste) sur le Graben, un monument baroque sinueux fait de nuages dorés et de saints tourmentés qui se dresse encore aujourd'hui, rappelant à quelle vitesse un âge d'or peut se transformer en fosses communes.

1683

Le second siège est brisé pour toujours

L'armée ottomane du grand vizir Kara Mustapha encercle Vienne avec 150 000 hommes. Pendant deux mois, la garnison combat sous terre, faisant sauter et contre-minant les tunnels turcs sous les murailles. Le 12 septembre, une armée de secours commandée par le roi polonais Jean III Sobieski dévale le Kahlenberg lors de ce qui reste la plus grande charge de cavalerie de l'histoire — 18 000 cavaliers. L'armée ottomane est pulvérisée. Vienne ne fera plus jamais face à une menace orientale, et la ville sombre dans une frénésie de constructions baroques financée par cette sécurité retrouvée.

1723

Le palais du Belvédère est achevé

Le prince Eugène de Savoie, le génie militaire qui a chassé les Ottomans de Hongrie, achève sa résidence d'été : deux palais reliés par un jardin à la française s'élevant en pente douce sur une colline. Le Belvédère supérieur de Johann Lucas von Hildebrandt, avec sa toiture en cuivre oxydé censée évoquer les tentes de campagne ottomanes, compte parmi les plus beaux édifices baroques d'Europe. Deux siècles plus tard, *Le Baiser* de Gustav Klimt y trouvera sa demeure permanente.

Apogée impérial
1740

Marie-Thérèse monte sur le trône

À 23 ans, Marie-Thérèse hérite des domaines des Habsbourg et fait immédiatement face à une invasion venue de la moitié de l'Europe. Elle maintient son empire uni grâce à sa force de caractère, son sens politique et une endurance à toute épreuve pendant 40 ans de règne. Elle transforme Schönbrunn en une cour éblouissante de 1 441 pièces, réforme l'éducation, met en place une fonction publique et donne naissance à 16 enfants — dont la future Marie-Antoinette. Sous son règne, Vienne s'affirme sans ambiguïté comme une capitale européenne de premier rang.

1781

Mozart s'émancipe à Vienne

Wolfgang Amadeus Mozart, âgé de 25 ans et furieux contre son employeur l'archevêque de Salzbourg, s'installe à Vienne en tant que musicien indépendant — une situation presque impensable à l'époque. Au cours de la décennie suivante, il y compose *Les Noces de Figaro*, *Don Giovanni* et *La Flûte enchantée*, se produit dans des salons bondés et dépense son argent aussi vite qu'il le gagne. Il meurt à Vienne en 1791, à l'âge de 35 ans, et est enterré dans une fosse commune au cimetière Saint-Marx. La ville qui l'a quelque peu négligé de son vivant n'a depuis jamais cessé de se l'approprier.

1792

Beethoven arrive de Bonn

Ludwig van Beethoven, âgé de 21 ans, arrive à Vienne pour étudier auprès de Haydn et ne la quittera plus. Il compose ses neuf symphonies, ses cinq concertos pour piano et *Fidelio* entre les murs de la ville, alors même que sa surdité grandissante l'isole de la musique qu'il crée. Lors de la création de la Neuvième Symphonie en 1824, il est complètement sourd et doit être retourné par une soliste pour apercevoir les applaudissements frénétiques du public. Il meurt à Vienne en 1827 ; environ 20 000 personnes bordent les rues pour ses funérailles.

1814-1815

Le Congrès de Vienne redessine l'Europe

Après la défaite de Napoléon, tous les souverains et hauts diplomates d'Europe convergent vers Vienne. Le chancelier Metternich organise des mois de négociations, de banquets et de bals si fastueux que le prince de Ligne raille en disant que le Congrès « danse mais n'avance pas ». Pourtant, il avance beaucoup : l'accord qui en résulte maintient l'Europe en grande partie en paix pendant un siècle. Vienne se positionne comme la capitale diplomatique du continent, un rôle qu'elle joue encore aujourd'hui en accueillant l'ONU, l'OSCE et l'OPEP.

1848

La Révolution secoue l'Empire

En mars, étudiants et ouvriers envahissent les rues pour exiger une constitution. Metternich, qui contrôle la politique autrichienne depuis 39 ans, fuit la ville déguisé dans un chariot à linge. L'empereur Ferdinand abdique en faveur de son neveu de 18 ans, François-Joseph. La révolution est finalement écrasée en octobre, mais l'ancien ordre se fissure : le servage est aboli, et le nouvel empereur régnera pendant 68 ans — assez longtemps pour voir Vienne se transformer d'une ville médiévale fortifiée en métropole impériale.

1857

Les murailles tombent pour la Ringstraße

François-Joseph ordonne la démolition des fortifications médiévales de Vienne. À leur place s'élève la Ringstraße, un grand boulevard bordé de bâtiments monumentaux dans tous les styles historiques imaginables : un hôtel de ville néogothique, un parlement néoclassique, un opéra néo-Renaissance, un théâtre néo-baroque. L'ensemble est achevé en environ 30 ans et constitue une déclaration impériale d'intention bâtie en pierre. La Ringstraße reste la colonne vertébrale architecturale de Vienne.

1867

Strauss crée « Le Beau Danube bleu »

Johann Strauss II crée *An der schönen blauen Donau* au Dianabad-Saal. La première représentation est étrangement un échec — une version chorale aux paroles oubliables. Mais la version orchestrale fait un tabac et devient l'hymne officieux de Vienne, joué chaque jour de l'An par l'Orchestre philharmonique de Vienne dans la salle dorée du Musikverein. Pour la petite histoire, le Danube est marron. Personne ne s'en soucie.

Vienne 1900
1897

Klimt fonde la Sécession viennoise

Gustav Klimt et 18 artistes confrères quittent le conservateur Künstlerhaus pour former la Sécession viennoise, dédiée à l'idée que l'art ne doit servir d'autre maître que lui-même. Ils construisent un hall d'exposition saisissant sur la Friedrichstraße — un cube blanc coiffé d'un dôme doré de feuilles de laurier entrelacées que les Viennois surnomment immédiatement « le chou doré ». Au-dessus de l'entrée : « À chaque époque son art, à l'art sa liberté ». Les chefs-d'œuvre à la feuille d'or de Klimt, les nus sans concession de Schiele et les portraits psychologiques de Kokoschka naîtront tous de cette rupture.

1899

Freud publie depuis le 19 Berggasse

Sigmund Freud, travaillant depuis son appartement et son cabinet de consultation au 19 Berggasse, publie *L'Interprétation des rêves*, affirmant que les rêves sont la « voie royale vers l'inconscient ». L'establishment médical viennois l'ignore largement ; le livre ne se vend qu'à 351 exemplaires en six ans. Mais la psychanalyse se développe depuis cette adresse pour devenir un mouvement mondial. Freud y vivra et y exercera pendant 47 ans avant de fuir les nazis en 1938. L'appartement est aujourd'hui un musée où sa salle d'attente conserve encore une légère odeur de fumée de cigare.

1913

Une ville de voisinages dangereux

En cette seule année, Vienne abrite simultanément Hitler (un étudiant en art raté dans un foyer pour hommes), Trotsky (jouant aux échecs au Café Central), Staline (brièvement, écrivant sur la question des nationalités), Tito (travaillant comme mécanicien), ainsi que Freud et Klimt au sommet de leur gloire. C'est une ville où l'ancien ordre impérial, la politique révolutionnaire et l'art radical coexistent dans les mêmes cafés. Dans les cinq années qui suivront, l'empire autour duquel gravitent ces hommes cessera d'exister.

Guerres mondiales et République
1918

L'Empire se dissout

Le 11 novembre, l'empereur Charles Ier renonce à participer aux affaires de l'État depuis le palais de Schönbrunn — il évite le mot « abdication ». Le lendemain, la République germano-autrichienne est proclamée depuis le parlement sur la Ring. Une dynastie vieille de 640 ans et un empire multinational de 52 millions de personnes s'évaporent tout simplement. Du jour au lendemain, Vienne passe du statut de capitale d'une superpuissance européenne à celui de tête disproportionnée d'une petite république alpine de 6,5 millions d'habitants.

Années 1920

Vienne la Rouge réinvente le logement social

Le gouvernement municipal social-démocrate lance le programme de logements publics le plus ambitieux de l'histoire européenne. Entre 1923 et 1934, Vienne construit plus de 60 000 appartements dans d'immenses complexes résidentiels — le Karl-Marx-Hof à lui seul s'étend sur plus d'un kilomètre et abrite 5 000 personnes. Les logements disposent d'eau courante, de toilettes intérieures, de buanderies collectives, de jardins d'enfants et de bibliothèques — des luxuries que le marché privé n'a jamais offerts aux ouvriers. L'architecture est musclée, assurée et assume pleinement son caractère politique. Vienne la Rouge devient un modèle mondial de politique sociale urbaine.

1938

L'Anschluss efface l'Autriche

Le 12 mars, les troupes allemandes franchissent la frontière sans opposition. Hitler, qui avait quitté Vienne à 24 ans plein de ressentiment, revient dans une ville drapée de bannières à la croix gammée et acclamée par des foules sur la Heldenplatz. En quelques jours, les Juifs autrichiens sont forcés de récurer les trottoirs à genoux sous le regard de leurs voisins. Sur les 185 000 Juifs de Vienne — une communauté qui avait donné naissance à Freud, Mahler, Schnitzler et Wittgenstein — 65 000 seront assassinés dans la Shoah. La vie intellectuelle et culturelle de la ville est vidée de sa substance en une nuit.

1945

La bataille de Vienne et l'occupation quadripartite

L'Armée soviétique se fraie un chemin jusqu'à Vienne en avril, subissant 18 000 pertes en une semaine de combats de rue brutaux. La cathédrale Saint-Étienne prend feu — qu'il s'agisse d'un incendie criminel allemand ou de bombardements soviétiques reste débattu — et sa toiture s'effondre. Le Staatsoper est réduit en cendres par les bombes. Vienne est divisée en quatre zones d'occupation — américaine, britannique, française et soviétique — comme un Berlin en miniature. Pendant dix ans, la ville vit dans un limbe géopolitique, immortalisée dans le film de Carol Reed *Le Troisième Homme*, tourné dans les rues jonchées de décombres et les égouts de la ville occupée.

Vienne moderne
1955

Liberté et neutralité permanente

Le 15 mai, le ministre des Affaires étrangères Leopold Figl monte sur le balcon du palais du Belvédère, brandit le traité d'État autrichien signé et déclare : « L'Autriche est libre ! » — l'un des moments les plus emblématiques de l'histoire autrichienne. Les dernières troupes d'occupation quittent le pays en octobre. L'Autriche proclame sa neutralité permanente, se positionnant comme un pont entre l'Est et l'Ouest. Le Staatsoper rouvre la même année avec *Fidelio* de Beethoven, dont l'histoire de libération d'un emprisonnement injuste résonne avec une force émotionnelle évidente.

1979

Vienne devient une ville de l'ONU

Le Centre international de Vienne ouvre ses portes sur le Danube, devenant le troisième siège officiel de l'ONU aux côtés de New York et de Genève. Le complexe, avec ses tours distinctives en forme de Y, abrite l'AIEA, l'ONUDI et d'autres agences. Combiné au siège de l'OPEP (à Vienne depuis 1965) et à l'OSCE, la ville consolide son identité de terrain neutre pour la diplomatie mondiale — un rôle qu'elle joue depuis le Congrès de Metternich, désormais institutionnalisé dans le verre et l'acier.

1989

Le rideau de fer tombe à côté

Lorsque la Hongrie ouvre sa frontière avec l'Autriche en mai 1989, les Allemands de l'Est commencent à se précipiter vers l'Ouest — la première fissure dans le rideau de fer. Vienne, qui a passé 44 ans collée à la bordure du bloc soviétique, se retrouve soudain au centre d'une Europe en voie de réunification. Bratislava, à seulement 60 kilomètres en aval, n'est plus derrière un mur. La ville pivote vers l'est, renouant avec l'arrière-pays d'Europe centrale qui a nourri son empire pendant des siècles.

2001

Le centre historique obtient le statut UNESCO

L'UNESCO inscrit le centre historique de Vienne au patrimoine mondial, reconnaissant l'ensemble de la Ringstraße, le noyau médiéval autour du Stephansdom et les palais baroques comme un paysage urbain d'une valeur universelle exceptionnelle. Ce classement deviendra par la suite controversé — un projet de construction de gratte-ciel près de la Karlskirche place Vienne sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'UNESCO en 2017, forçant une négociation permanente entre la préservation du patrimoine et le besoin d'une ville en croissance de construire en hauteur.

Aujourd'hui

06 Qui a vécu ici.

Celles et ceux qui ont façonné la ville — et que la ville a façonnés.

Compositeur 1756–1791

Wolfgang Amadeus Mozart

A vécu et est mort à Vienne à partir de 1781

Mozart est arrivé à Vienne à 25 ans, s'est affranchi de son mécène de Salzbourg et a consacré toute sa vie d'adulte à composer ici — Les Noces de Figaro, Don Giovanni, La Flûte enchantée, ses trois dernières symphonies. Il est mort à 35 ans dans un appartement loué et a été enterré dans une fosse commune ; Vienne avait absorbé son génie avant de passer à autre chose, comme à son habitude. L'appartement de la Domgasse où il a composé Figaro existe toujours et est ouvert aux visiteurs.

Compositeur 1770–1827

Ludwig van Beethoven

A vécu à Vienne de 1792 jusqu'à sa mort

Beethoven s'est installé à Vienne à 22 ans, officiellement pour étudier auprès de Haydn, et n'en est jamais reparti — composant ses neuf symphonies, l'opéra Fidelio et ses derniers quatuors à cordes dans une ville qu'il aimait autant qu'il la contestait. Il a déménagé plus de 60 fois à travers Vienne, en partie parce que sa surdité et son caractère volcanique faisaient de lui un voisin impossible. Il est mort ici, ayant façonné l'identité musicale de la ville plus profondément qu'aucun empereur n'a façonné son horizon.

Peintre 1862–1918

Gustav Klimt

Né près de Vienne ; figure centrale de la Sécession viennoise

Klimt a été le choc du Vienne de la fin du XIXe siècle — l'artiste qui a présenté des toiles érotiques et flamboyantes d'or à l'Université de Vienne et s'est vu demander de restituer ses honoraires. Sa rupture en 1897 avec le conservateur Künstlerhaus a donné naissance à la Sécession viennoise ; deux ans plus tard, il a conçu son bâtiment d'exposition avec la devise « À chaque époque son art, à chaque art sa liberté ». Le Baiser, peint en 1907–1908 et aujourd'hui exposé au Belvédère, est devenu l'icône laïque de la ville — ce qui l'aurait sans doute légèrement amusé.

Neurologue et fondateur de la psychanalyse 1856–1939

Sigmund Freud

A vécu à Vienne de l'âge de 4 ans à 1938

Freud a passé presque toute sa vie au 19 Berggasse, développant la psychanalyse dans un cabinet où il a reçu des patients pendant plus de 40 ans ; il lisait ses journaux au Café Landtmann et arpentait le Ring comme s'il en était le propriétaire. Il a vu la ville qu'il aimait élire un maire antisémite et s'est interrogé sur la signification de cet événement. Les nazis l'ont forcé à partir en 1938, à l'âge de 82 ans — il est parti à contrecœur et est mort à Londres un an plus tard ; son appartement est aujourd'hui un musée, le divan toujours installé dans la pièce où il écoutait.

Compositeur 1825–1899

Johann Strauss II

Né et mort à Vienne

Né d'un père qui lui avait interdit d'étudier la musique avant de devenir son plus grand rival professionnel, Strauss le Jeune a fini par éclipser complètement l'ancien — composant Le Beau Danube bleu, La Chauve-Souris et un catalogue de valses qui a défini ce que le monde imaginait être le « son de Vienne ». Il a été le premier musicien à diriger debout avec un archet de violon plutôt que depuis un pupitre. Vienne lui a érigé une statue en bronze doré dans le Stadtpark, aujourd'hui plus photographiée que presque tout autre monument de la ville.

Impératrice d'Autriche 1837–1898

Impératrice Élisabeth

A vécu au palais de la Hofburg et à Schönbrunn

Sissi a épousé l'empereur François-Joseph à 16 ans et a passé les 44 années suivantes à tenter d'échapper à la vie cérémonielle rigide de la cour des Habsbourg — elle mesurait sa taille quotidiennement, était obsédée par sa chevelure et voyageait presque constamment pour fuir Vienne. Elle a été assassinée par un anarchiste italien sur une jetée de Genève, poignardée avec une lime aiguisée, et est devenue après sa mort le symbole romantique de Vienne qu'elle n'avait jamais vraiment pu incarner vivante. Le musée Sissi de la Hofburg est, curieusement, l'une des salles les plus émouvantes et inattendues de la ville.

Peintre 1890–1918

Egon Schiele

A étudié et travaillé à Vienne ; y est mort

Schiele est entré à l'Académie des beaux-arts de Vienne à 15 ans — le plus jeune étudiant jamais admis en Autriche — et a produit des œuvres si brutes et angulaires qu'elles surprennent encore les visiteurs qui s'attendent à l'opulence de Klimt. Il a été arrêté en 1912 pour « outrage aux bonnes mœurs » après que les autorités ont découvert ses dessins de nus, a passé 24 jours en prison et est revenu à Vienne pour continuer à peindre. Il est mort à 28 ans lors de l'épidémie de grippe espagnole qui a emporté sa femme enceinte, Edith, trois jours avant lui ; le musée Leopold conserve aujourd'hui la plus grande collection au monde de ses œuvres.

Écrivain 1881–1942

Stefan Zweig

Né à Vienne ; a fui en 1934

Zweig est né dans la haute bourgeoisie juive de Vienne et s'est inscrit dans le tissu culturel de la ville — par ses biographies, ses nouvelles et ses mémoires sur le Vienne d'avant-guerre, qui restent l'une des plus belles élégies à un monde disparu. Il a vu le nazisme monter, ses livres brûlés en Allemagne, et a fini par fuir — à Londres, puis au Brésil — se suicidant avec sa femme à Petrópolis en 1942. Ses mémoires, Le Monde d'hier, s'achèvent sur une dévastation silencieuse que tout visiteur de Vienne finit par ressentir : la mélancolie d'une ville qui fut, qui n'est plus tout à fait, et qui l'est presque encore.

08 Où manger.

Là où les habitants réservent vraiment leur dîner — loin des menus touristiques.

Figlmüller Bäckerstrasse
Favori local €€

Figlmüller Bäckerstrasse

4.5 Voir
Steirereck im Stadtpark
Haute gastronomie €€€€

Steirereck im Stadtpark

4.9 Voir
Plachutta Wollzeile
Favori local €€€

Plachutta Wollzeile

4.4 Voir
Café Central
Café €€

Café Central

4.4 Voir
Café Sacher
Café €€€

Café Sacher

4.3 Voir
Café Hawelka
Café

Café Hawelka

4.2 Voir

09 Bons plans d'initiés.

De petites choses qui changent la façon dont la ville vous traite.

Billets d'opéra pas chers

Les places debout (Stehplätze) à l'Opéra d'État de Vienne sont mises en vente 80 minutes avant le lever de rideau pour 3 à 7 € — faites la queue au guichet Stehplatz, trouvez une place près de la rambarde et vous écouterez l'un des plus grands orchestres du monde pour moins cher qu'un café.

Évitez le train de l'aéroport

Le City Airport Train (CAT) coûte environ 15 € pour un trajet de 16 minutes ; le train régional S7 effectue le même trajet jusqu'à Wien Mitte en 25 minutes et est inclus dans un pass journalier standard de Vienne (~8 €) — même destination, moitié prix.

Commandez une Melange

Dans un salon de café viennois traditionnel, commandez une Melange — et non un cappuccino. Le verre d'eau servi avec est gratuit et sera rempli sans que vous ayez à le demander ; vous pouvez siroter un seul café pendant deux heures sans que personne ne vous dérange.

Payez le serveur directement

Ne laissez jamais de pourboire sur la table — remettez le montant total au serveur et annoncez la somme que vous payez ("Machen Sie zwanzig" = "faites vingt"). Laisser des pièces sur la table après coup est perçu comme un manque de respect, et non comme de la générosité.

Connaissez votre Schnitzel

Un véritable Wiener Schnitzel est préparé avec du veau — les versions anormalement bon marché (moins de 15 €) sont presque toujours du porc, légalement étiquetées "Schnitzel Wiener Art". Un vrai coûte entre 18 et 28 € dans un Beisl digne de ce nom, et la panure doit gonfler autour de la viande, et non rester à plat.

Compostez chaque billet

Le réseau de transports viennois fonctionne sur la confiance, mais les contrôleurs sont fréquents et inopinés — un billet non composté entraîne une amende forfaitaire d'environ 105 €. Compostez votre ticket dès votre première entrée, et non quand vous y pensez.

Rendez-vous à Stammersdorf

Les Heurigen touristiques de Grinzing se remplissent de cars ; traversez plutôt le Danube pour rejoindre Stammersdorf ou Strebersdorf, dans le 21e arrondissement — les tavernes à vin y servent du Gemischter Satz issu des propres vignes de Vienne à une clientèle presque exclusivement locale, et les prix s'en ressentent.

Journées gratuites dans les musées

Le Wien Museum (histoire de la ville, récemment rénové) propose un accès gratuit à sa collection permanente tout au long de l'année ; le Kunsthistorisches Museum offre l'entrée gratuite le premier dimanche de chaque mois — vérifiez les deux sur leurs sites officiels avant de vous y rendre.

12 Questions fréquentes

Vienna vaut-elle le voyage ?

Oui — sans hésitation. Vienna est la seule ville au monde où vous pouvez entendre Beethoven dans la salle même où il a créé ses symphonies, puis manger un Schnitzel dans un restaurant resté inchangé depuis les années 1890, avant de vous asseoir trois heures dans un café pour une seule tasse sans que personne ne vous demande de partir. La densité d'architecture impériale, de musées de rang mondial et de culture vivante en fait une ville à part, même à l'échelle européenne.

Combien de jours faut-il pour visiter Vienna ?

Trois jours suffisent pour l'essentiel — Schönbrunn, le Belvedere pour Le Baiser de Klimt, le Kunsthistorisches Museum, et au moins un vrai café viennois. Cinq jours vous laissent respirer : ajoutez le complexe de la Hofburg, une escapade dans un Heuriger, et une soirée à l'Opéra d'État avec des billets debout. Une semaine révèle le Vienna des quartiers que les visiteurs atteignent rarement — le Brunnenmarkt, les arches de bars du Gürtel, le Prater un jour de semaine tranquille.

Comment aller de l'aéroport de Vienna au centre-ville ?

Le train régional S7 offre le meilleur rapport qualité-prix : ~25 minutes jusqu'à Wien Mitte, couvertes par un pass journalier standard des transports de Vienna (~€8). Le City Airport Train (CAT) fait le même trajet en 16 minutes pour ~€15 et propose l'enregistrement en ville pour certaines compagnies (Lufthansa, Austrian, Swiss), mais coûte deux fois plus cher. Les taxis fonctionnent avec un système de zones à tarif fixe, autour de ~€36–50 pour la plupart des arrondissements centraux.

Vienna est-elle sûre pour les touristes ?

Vienna figure régulièrement parmi les trois grandes villes les plus sûres du monde — les agressions violentes visant les touristes y sont réellement rares. Le principal risque reste le pickpocket classique autour de Stephansplatz et dans les lignes de U-Bahn bondées. Le pôle de transport de Praterstern est préférable à éviter tard le soir, même si la présence policière y est forte. Les voyageurs en solo, les femmes voyageant seules et les visiteurs LGBTQ+ décrivent régulièrement Vienna comme l'une des villes les plus confortables d'Europe.

Vienna est-elle chère par rapport aux autres capitales européennes ?

Moyenne gamme. Un dîner complet dans un Beisl traditionnel revient à €25–40 par personne avec un verre de vin ; une Melange dans un café historique coûte €4–6. Le pass journalier de transport (~€8) ainsi que les nombreuses journées gratuites ou à tarif réduit dans les musées rendent les visites assez abordables. Les voyageurs au budget serré peuvent très bien manger à un Würstelstand — une Käsekrainer et un petit pain — pour moins de €5, et les billets debout à l'opéra coûtent €3–7.

Quel est le meilleur moment pour visiter Vienna ?

Mai–juin et septembre offrent le meilleur équilibre : assez doux pour les jardins des palais et les Heurigen en plein air, de longues heures de lumière, et des foules plus légères que pendant le pic de juillet–août. Décembre est extraordinaire pour les marchés de Noël — l'atmosphère pavée de Spittelberg et la patinoire du Rathausmarkt — mais froid. Janvier–février correspond à la saison des bals, quand environ 450 soirées formelles remplissent la ville, dont le Bal philharmonique de Vienna et l'Opernball.

Faut-il parler allemand pour visiter Vienna ?

Non — la maîtrise de l'anglais est excellente dans tout le centre touristique et dans la plupart des établissements d'accueil. Cela dit, commencer par « Grüß Gott » (la salutation viennoise traditionnelle, littéralement « Saluez Dieu ») ou un simple « Danke schön » adoucit presque toujours le service. Évitez « Hallo » en entrant dans un restaurant — pour les Viennois plus âgés, cela paraît trop familier de la part d'un inconnu, et les Viennois le remarquent.

Qu'est-ce que le Vienna Pass, et vaut-il le coup ?

Le Vienna Pass (~€89 pour un jour) donne une entrée gratuite à plus de 90 attractions, dont Schönbrunn et les deux palais du Belvedere — avec des billets individuels à €15–25 chacun, trois grands sites dans la même journée suffisent à rentabiliser le coût. Si vous voyagez plus lentement, combiner des billets séparés avec le pass journalier moins cher des Wiener Linien et les journées gratuites des musées revient souvent moins cher. Le pass n'inclut pas les transports publics.

Pour quelle cuisine Vienna est-elle connue ?

Le Wiener Schnitzel (la référence — veau, pas porc), le Tafelspitz (pièce de bœuf bouillie avec pomme et raifort, repas quotidien de l'empereur François-Joseph), la Sachertorte (gâteau au chocolat dense à la confiture d'abricot, rendu célèbre par une bataille judiciaire de 7 ans entre l'Hotel Sacher et la pâtisserie Demel), et la Käsekrainer — une saucisse de porc remplie de poches de fromage fondu, mangée debout à un Würstelstand à minuit. La tradition pâtissière des cafés, surtout l'Apfelstrudel et les Buchteln, est tout aussi centrale dans l'identité de la ville.

Prêt à réserver ?

13Avant de partir

Informations pratiques

Flight

Comment s'y rendre

L'aéroport international de Vienne (VIE) est situé à 18 km au sud-est du centre, relié par le City Airport Train (CAT, 16 min jusqu'à Wien Mitte, ~15 € l'aller simple) ou le S-Bahn S7 bien moins cher (25 min, ~4,60 € avec la zone aéroport). La Wien Hauptbahnhof est le principal nœud ferroviaire, avec des services Railjet vers Munich (4 h), Budapest (2,5 h), Prague (4 h) et Bratislava (1 h). Les autoroutes A1, A2 et A4 convergent vers la ville respectivement depuis l'ouest, le sud et l'est.

Directions transit

Se déplacer

Le métro (U-Bahn) compte 5 lignes (U1 à U4, U6) avec un service 24 h/24 les nuits du vendredi et du samedi, complété par environ 30 lignes de tramway et un réseau de bus de nuit. Un pass 24 heures coûte ~8 €, un pass 72 heures ~17 €, ou optez pour la Vienna City Card (à partir de ~17 €/24 h) pour les transports et des réductions dans plus de 210 attractions. L'Innere Stadt est suffisamment compacte pour être parcourue à pied — il faut dix minutes pour aller de Stephansdom au Hofburg — et 1 600 km de pistes cyclables ainsi que le système de stations CityBike Wien couvrent le reste.

Thermostat

Climat et meilleure période

Les étés sont chauds (moyenne de 25 °C en juillet-août) avec des orages occasionnels ; les hivers sont réellement froids (de -2 °C à 3 °C en janvier) mais magiques pendant la saison des marchés de Noël, de mi-novembre à décembre. Le moment idéal se situe entre mai et mi-juin, ainsi qu'en septembre : journées longues, après-midis à 20 °C, moins de monde et tous les jardins de palais à leur apogée. Octobre apporte un feuillage doré et les vendanges dans les tavernes Heurigen — une période à privilégier pour votre séjour.

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Langue et monnaie

L'allemand est la langue officielle, mais l'anglais est largement parlé dans les hôtels, restaurants et musées — vous n'aurez aucun mal à vous faire comprendre. Saluez les gens avec "Grüß Gott" plutôt que "Hallo" et vous remarquerez un accueil plus chaleureux. L'Autriche utilise l'euro ; les petits restaurants, les stands du Naschmarkt et les vendeurs des marchés de Noël acceptent souvent uniquement les espèces, alors gardez des billets sur vous. Évitez les distributeurs Euronet — utilisez plutôt les Bankomats des banques Erste Bank ou Raiffeisen.

Shield

Sécurité

Vienne figure régulièrement parmi les grandes villes les plus sûres au monde. La vigilance habituelle contre les pickpockets s'impose à Stephansplatz, aux files d'attente de Schönbrunn et dans les rames de métro bondées. Le quartier de Praterstern, autour de la jonction U1/U2, peut paraître un peu rude après la tombée de la nuit, mais il est parfaitement sûr en journée. Numéros d'urgence : police 133, ambulance 144, numéro européen 112.

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