Préhistoire
science
v. 1.4 million av. J.-C.
Premiers bouchers de Gobaad
Quelqu’un a fracassé des os d’éléphant avec des éclats de basalte sur la plaine de Gobaad. Les traces de coupe sont toujours visibles. Ce sont les plus anciens utilisateurs d’outils connus dans la région, bien avant que la mer Rouge n’ait son littoral actuel.
Néolithique
public
v. 3500 av. J.-C.
Des éleveurs atteignent les lacs
Des os de bovins à longues cornes et sans bosse apparaissent près de nouveaux lacs, qui deviendront plus tard les bassins salés d’Assal et d’Abbé. On peint encore des antilopes sur la roche, mais les troupeaux dépassent désormais le gibier.
Antiquité
castle
v. 2500 av. J.-C.
Le pays de Pount commerce avec les pharaons
Des scribes égyptiens mentionnent des expéditions vers le pays de Pount, très probablement sur ces côtes mêmes. Or, ivoire et myrrhe partent d’ici sur des embarcations de roseaux à destination du Nil. Les premiers reçus fiscaux d’Afrique ont peut-être été signés sur cette plage.
Époque classique
castle
v. 100 apr. J.-C.
Avant-poste axoumite
Les monnaies du roi Endybis circulent sur le marché de Zeila, juste un peu plus haut sur la côte. Les agents douaniers de l’empire d’Aksoum prélèvent des taxes sur l’encens envoyé à Rome. Le grec se parle dans les maisons de négoce.
Islam médiéval
church
v. 1200
Sultanat d’Ifat
Des mosquées en corail s’élèvent sous le sultanat d’Ifat. Les caravanes venues de Harar s’y reposent avant la dernière marche vers la côte. L’adhan résonne au-dessus d’une ville encore bâtie surtout en blocs de sel et en perches de mangrove.
Partage colonial
gavel
1862
La France achète Obock
Un traité signé à Paris donne à la France une station charbonnière de l’autre côté de la baie. Le prix : 10,000 thalers et une promesse de protection. Personne n’imagine encore une ville sur le récif nu de corail appelé Ras Djibouti.
factory
1888
La ville sort du corail
Les ingénieurs enfoncent des pieux de fer dans le récif vivant et tracent des rues à angle droit. Djibouti City est proclamée capitale de la Côte française des Somalis. En moins d’un an, la douane y traite plus de marchandises qu’Obock en une décennie.
gavel
1892
La capitale quitte Obock
La résidence du gouverneur est démontée en une nuit — portes, volets, jusqu’au mât du drapeau — chargée sur des dhows puis remontée ici. Les fonctionnaires se réveillent à Obock et déjeunent à Djibouti. La population de la ville triple avant la fin de l’année.
castle
1897
La place Ménélik reçoit son nom
Le gouverneur Lagarde rebaptise la place d’armes poussiéreuse en l’honneur de l’empereur éthiopien qui vient d’accorder à la France la concession du chemin de fer. Des commerçants somalis, afars et arabes s’y retrouvent pour bavarder sous de jeunes acacias.
person
1916
Naissance de Hassan Gouled Aptidon
Né dans le quartier afar d’Arhiba, il garde les chèvres enfant avant de diriger la république adulte. Les négociations de l’indépendance en 1977 tiennent à sa capacité à traduire le jargon juridique français en poésie somalie.
factory
1917
Le chemin de fer atteint Addis-Abeba
Le premier train direct siffle en entrant en gare, après 784 km de voie grimpant jusqu’à 2,400 m. Café, peaux et or d’Éthiopie affluent désormais vers la mer Rouge. Le port de Djibouti est dragué plus profond pour absorber le trafic.
Fin de l’époque coloniale
palette
1965
Naissance d’Abdourahman Waberi
Il grandit entre l’afar, le somali, l’arabe et le français — parfois dans la même phrase. Son roman « Passage des larmes » fera sentir au monde le sel du lac Assal et le diesel du port.
gavel
1967
Le nom devient FTAI
Paris rebaptise la colonie « Territoire français des Afars et des Issas » pour apaiser les tensions ethniques. Du jour au lendemain, les timbres deviennent des objets de collection. Le code IATA de l’aéroport reste JIB, déjà tourné vers le futur pays.
Ère de l’indépendance
public
27 juin 1977
Indépendance à minuit
Le drapeau tricolore est abaissé, le nouveau drapeau bleu clair hissé au son des tambours et des youyous. Hassan Gouled Aptidon devient président. Les officiers français quittent leurs villas ; des familles somalies et afares s’y installent avant même que la peinture soit sèche.
public
1981
Balbala enfle
Au-delà de l’ancienne limite coloniale barbelée, un bidonville de tôle et de carton triple de taille. Les camions-citernes vendent l’eau au jerrican. Le gouvernement promet des canalisations, livre des affiches électorales. Balbala abritera bientôt la moitié de la ville.
swords
1991
L’insurrection afare éclate
Des coups de feu résonnent dans le quartier d’Arhiba pendant que les rebelles du FRUD affrontent les loyalistes. Des chars patrouillent sur le boulevard de la République. À la tombée du jour, le marché sent la poudre plutôt que la cardamome. La guerre civile durera neuf ans.
Djibouti moderne
person
1992
Naissance d’Ayanleh Souleiman
Il s’entraîne sur le béton fissuré du stade de la ville, doublant les footballeurs et les chèvres. En 2014, il détient le record du monde indoor du 1500 m et vaut un jour férié national. À Balbila, les enfants courent désormais pieds nus en faisant semblant d’être lui.
gavel
1999
Guelleh prend le palais
Ismaïl Omar Guelleh, neveu d’Aptidon, remporte 74% des voix. L’ancien président part à la retraite dans une villa qui domine le golfe. De nouveaux portraits sont accrochés avant même que la peinture sèche — même cadrage, cravate différente.
flight
v. 2002
Ouverture du camp Lemonnier
Les Marines américains s’installent dans l’ancienne base de la Légion étrangère française. Les paraboles poussent comme des champignons blancs. La piste s’allonge pour accueillir des B-52. Djibouti devient le seul endroit où des bases américaine, chinoise et japonaise coexistent à distance de taxi.
factory
2017
Ouverture du chemin de fer électrique
Un train construit par la Chine ramène le trajet jusqu’à Addis à douze heures fraîches. L’ancienne locomotive de 1917 est garée près de la gare comme un cheval de course à la retraite. Les conteneurs roulent désormais à 120 km/h au lieu de 35.