Parc Jarry

Montréal, Canada

Parc Jarry

350,000 personnes ont assisté ici à une messe papale en 1984. Aujourd'hui, le Parc Jarry est le parc le plus multiculturel de Montréal, avec piscine extérieure gratuite, et il fête ses 100 ans en 2025.

2-3 heures
Gratuit (piscine comprise)
Terrain largement plat, sentiers pavés partout
Été (juin–août)

Introduction

Toute l'existence de la Ligue majeure de baseball au Canada — et, par extension, de la franchise des Nationals de Washington — a tenu à une seule nuit blanche et à l'esquisse d'un parc municipal dans le nord de Montréal. Le Parc Jarry, vaste étendue verte de 89 acres dans le quartier de Villeray à Montréal, au Canada, passe depuis un siècle d'une vie à l'autre : terre agricole, champ de pommes de terre, terrain de baseball, autel papal, gradins à ciel ouvert, stade de tennis professionnel. Il célèbre son centenaire en 2025, et ces couches successives de réinvention sont précisément ce qui donne envie d'y venir.

On vient ici aujourd'hui pour le tennis, pour la piscine, ou pour promener son chien autour de l'étang aux canards un mardi après-midi. Mais sous vos pieds, le sol a porté 29,184 supporteurs de baseball hurlants, 300,000 pèlerins catholiques trempés par la pluie et, bien avant tout cela, les sillons tranquilles de la ferme de la famille Bagg. Le Parc Jarry n'affiche pas son passé. Il faut savoir où regarder.

Le parc s'étend entre la rue Jarry au nord et la rue Faillon au sud, avec le boulevard Saint-Laurent à l'est et les voies du Chemin de fer Canadien Pacifique à l'ouest. Le stade IGA, domicile du principal tournoi de tennis du Canada, occupe l'angle sud-ouest — construit dans l'ossature de l'ancienne tribune de baseball, un fait que presque personne ne remarque. Le reste ressemble à ce qu'un parc montréalais doit être : des allées ombragées, des terrains de sport de quartier, une pataugeoire pleine d'enfants qui crient en juillet, et assez de pelouse pour perdre un frisbee.

Le Parc Jarry n'essaie pas de vous impressionner. Il se trouve dans un quartier résidentiel, entouré de dépanneurs et d'immeubles sans ascenseur, loin de la foule touristique du Vieux-Montréal. Cette banalité trompe. C'est ici que le Canada est entré dans la Ligue majeure de baseball, qu'un pape a parlé au plus grand rassemblement religieux de l'histoire du pays, et qu'un ruisseau enfoui coule encore sous les terrains de soccer, invisible et oublié.

À voir

L'étang central et sa fontaine

Le lac artificiel au centre-sud du parc est l'endroit où le Parc Jarry cesse de ressembler à un simple espace vert municipal pour devenir un lieu dont on a envie de parler en rentrant. Une haute fontaine jaillit au milieu de l'eau, et sa brume attrape la lumière de l'après-midi d'une façon qui fait sortir les téléphones presque malgré soi — puis, après la tombée du jour, un éclairage coloré transforme toute la surface en spectacle discret. Des saules pleureurs bordent la rive, leurs branches descendant assez bas pour effleurer l'eau où canards et carouges à épaulettes ont élu domicile. Faites lentement le tour par le sentier. Les carouges sont bruyants, territoriaux et étonnamment beaux, leurs taches écarlates aux épaules lançant de petits avertissements quand ils crient depuis les roseaux. En hiver, l'étang gèle et devient une patinoire extérieure — l'une des rares à Montréal où vous pouvez glisser sous les mêmes saules que ceux à l'ombre desquels vous pique-niquiez en juillet. Le plan directeur de 2021 de la ville propose de restaurer un ruisseau naturel enfoui qui alimentait autrefois cet étang, ce qui rendrait l'élément aquatique encore plus central dans l'identité du parc. Pour l'instant, pourtant, il l'est déjà.

Le stade IGA et le fantôme des Expos

Tenez-vous sur les courts du stade IGA et vous êtes sur le même sol que celui où les Expos de Montréal ont joué leurs sept premières saisons dans les Ligues majeures, de 1969 à 1976. Le stade Jarry Park d'origine accueillait 28,000 spectateurs à une époque où le baseball montréalais portait quelque chose de farouche et d'espérant. Quand les Expos ont déménagé au Stade olympique, les os du vieux stade ont été réemployés — les architectes de Daoust Lestage ont conservé la structure centrale des gradins et l'ont enveloppée dans un complexe de tennis contemporain qui accueille aujourd'hui 11,815 spectateurs rien que sur le Court central. La rue qui longe le stade, la rue Gary-Carter, porte le nom du receveur membre du Temple de la renommée des Expos, ce qui vous dit à quel point le souvenir du baseball est profond ici. Aujourd'hui, le complexe accueille l'Omnium Banque Nationale, l'un des tournois ATP et WTA les plus importants hors des Grands Chelems, sur la même surface bleue en DecoTurf qu'utilisait autrefois l'US Open. Entre les tournois, les 25 courts du site — durs et en terre battue, intérieurs et extérieurs — restent ouverts à des activités pour le public. Une terrasse sur le toit offre une vue de retour sur le parc, un point d'observation qui permet de voir les 36 hectares déployés comme une carte de la façon dont Montréal joue.

Une boucle du samedi : cricket, fumée et six langues

Venez un samedi après-midi de juillet et faites tout le tour — environ 2.5 kilomètres, soit à peu près la longueur de 25 pâtés de maisons — et vous aurez l'impression de traverser plusieurs pays. Commencez par le terrain de cricket dans le coin nord-ouest, où les équipes de la Montreal Cricket Association jouent des matchs qui attirent des familles entières du quartier de Parc-Extension, un secteur où environ la moitié des habitants ont des racines sud-asiatiques. Le claquement de la batte contre la balle, les appels en ourdou et en bengali, l'odeur de nourriture épicée qui s'échappe des glacières au bord du terrain — c'est l'un des paysages sonores les plus franchement internationaux de Montréal, et presque aucun touriste ne l'entend. Continuez vers le sud en passant par le planchodrome, où des adolescents enchaînent les figures avec l'indifférence concentrée d'artistes qui ne savent pas qu'ils ont un public. Puis coupez à travers le grand terrain central, où les soirs humides la fumée de dizaines de barbecues au charbon autorisés — un auteur local a parlé d'un « smog de poulet braisé » — monte en un voile qui sent tous les bons souvenirs d'été que vous avez déjà eus. Terminez à l'étang au moment où les lumières de la fontaine s'allument. Le circuit complet prend quarante minutes si vous ne vous arrêtez pas. Vous vous arrêterez.

À repérer

Repérez le bâtiment du chalet à l'intérieur du parc — il porte encore le nom de « Chalet Jean-Paul II », vestige discrètement ironique de la controverse sur le changement de nom entre 1985 et 1988, quand les habitants ont réussi à faire rétablir le nom d'origine du parc. C'est la seule trace survivante de cet épisode politique.

Informations pratiques

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Accès

Prenez la ligne orange jusqu'à la station Jarry (11 minutes de marche jusqu'au centre du parc) ou la ligne bleue jusqu'à De Castelnau (7 minutes jusqu'au Stade IGA et à la piscine). L'autobus 55 sur le boulevard Saint-Laurent vous dépose au bord est du parc, à 4 minutes de marche. En voiture, le stationnement gratuit de 160 places au 194 Rue Jarry Ouest est ouvert de 7 AM à 11 PM — arrivez avant 10 AM la fin de semaine, sinon vous tournerez pour trouver une place dans la rue.

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Heures d'ouverture

En 2026, le parc est ouvert tous les jours de 6 AM à minuit, toute l'année, sans frais d'entrée. La piscine extérieure gratuite fonctionne habituellement de la mi-juin à la mi-septembre (de midi à environ 8 PM), même si l'horaire de 2026 n'a pas encore été publié — vérifiez sur montreal.ca à l'approche de l'été. Un important projet de revitalisation a mis des sections du parc derrière des barrières depuis 2025 ; la ville vise une fin des travaux pour l'été 2026, à temps pour le centenaire, mais attendez-vous à des zones clôturées et à des détours.

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Temps à prévoir

Faire le tour du sentier périphérique prend 45–60 minutes à allure tranquille — le parc couvre 36 hectares, soit à peu près la taille de 50 terrains de football. Ajoutez une heure si vous comptez nager, regarder un match de cricket ou simplement vous asseoir près de l'étang (que 67% des visiteurs sondés ont désigné comme le principal attrait du parc). Combinez la visite avec le Marché Jean-Talon, à 12 minutes de marche vers l'est, et prévoyez une bonne demi-journée.

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Accessibilité

Le terrain est presque entièrement plat, avec des allées principales asphaltées — pratique pour les poussettes et les fauteuils roulants en temps normal. Cela dit, les travaux en cours de 2025–2026 ont créé de vrais obstacles : des membres de la communauté ont signalé des cheminements temporaires inadéquats et une signalisation insuffisante autour des zones barricadées. Le Stade IGA propose des places accessibles en fauteuil roulant et du stationnement réservé pendant l'Omnium Banque Nationale.

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Coût et billets

Le parc, la piscine et le Wi-Fi sont gratuits — pas de billet, pas de réservation, pas de piège. Le seul élément payant est le tournoi de tennis de l'Omnium Banque Nationale au Stade IGA (1–13 août 2026), où les billets pour une séance commencent autour de $104 CAD sur Ticketmaster. Les titulaires d'une carte de crédit Banque Nationale obtiennent jusqu'à 10% de rabais sur certaines séances.

Conseils aux visiteurs

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Vigilance à la piscine

En 2025, plusieurs incidents de voyeurisme ont été signalés à la piscine extérieure gratuite, ce qui a entraîné un renforcement des patrouilles policières et la présence quotidienne du personnel de l'arrondissement de 13 h à 20 h. La situation s'est peut-être améliorée d'ici 2026, mais venir avec une amie ou un ami reste prudent — et signalez immédiatement tout harcèlement au personnel sur place.

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Manger dans la Petite-Italie

Aucun restaurant ne se trouve dans le parc, donc mieux vaut manger avant ou après. Marchez 10 minutes vers le sud jusqu'à Bottega (65 Rue Saint-Zotique Est) pour l'une des meilleures pizzas napolitaines de Montréal, ou prenez un espresso à petit prix au Caffè Italia sur le boulevard Saint-Laurent — ouvert depuis 1956, presque inchangé depuis. Pour les cannoli, Pasticceria Alati-Caserta sur la rue Dante est la seule vraie réponse.

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Meilleur moment pour venir

Les matins de semaine sont les plus calmes — avant 10 h, l'étang est presque à vous seul. Les week-ends d'été remplissent les terrains de sport et la piscine dès midi. L'hiver transforme l'étang en patinoire et ouvre 2.1 km de pistes de ski de fond, que vous partagerez avec étonnamment peu de monde.

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À éviter après la tombée de la nuit

L'éclairage est insuffisant sur plusieurs sentiers, et les recommandations de la ville déconseillent elles-mêmes les visites nocturnes. Après le coucher du soleil, restez sur les rues du pourtour bien éclairées — la rue Jarry et le boulevard Saint-Laurent gardent un passage régulier et un service d'autobus jusqu'après minuit.

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À combiner avec le marché Jean-Talon

Le marché Jean-Talon se trouve à 12 minutes à pied vers l'est et compte parmi les grands marchés publics d'Amérique du Nord — l'entrée est gratuite, et il est ouvert toute l'année. Achetez du fromage du Québec et des fruits de saison pour un pique-nique au parc. Le stationnement de 410 places du marché peut aussi servir de solution de rechange si celui du Parc Jarry est complet (les tarifs commencent à 2.50 $ pour la première heure).

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Vérifier l'état des travaux

La revitalisation du centenaire irrite les habitants depuis 2025 — des barrières bloquent des sentiers avec très peu de signalisation. Avant votre visite en 2026, consultez en ligne la carte Info-travaux de la Ville de Montréal pour connaître les fermetures en temps réel. Le côté sud, près du stade IGA, est généralement resté plus accessible que les secteurs du nord-ouest.

Où manger

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Ne partez pas sans goûter

Poutine — frites, sauce brune et fromage en grains (la cuisine de rue emblématique de Montréal) Bagels — bagels montréalais de Fairmount ou de St-Viateur (plus petits, plus denses et plus sucrés que ceux de New York) Viande fumée — poitrine de bœuf saumurée, une tradition des charcuteries juives de Montréal Tourtière — pâté à la viande traditionnel québécois Tartelettes au beurre — pâtisserie sucrée au cœur fondant Pizza montréalaise — pâte fine aux bords croustillants Pâté chinois — hachis parmentier québécois au bœuf haché, au maïs et à la purée de pommes de terre Creton — tartinade de porc assaisonnée, servie sur des rôties Barres Nanaimo — dessert à trois couches au chocolat et à la crème anglaise Tire d'érable sur neige — sirop d'érable chaud roulé sur de la neige propre et mangé sur bâtonnet

Rue20

favori local
Québécoise contemporaine / selon le marché €€ star 4.7 (252) directions_walk à 5 minutes à pied du Parc Jarry

Commander : Le menu dégustation saisonnier du chef — la cuisine compose ses assiettes autour de ce qui est le plus frais ce jour-là chez les fournisseurs locaux. Attendez-vous à de petites assiettes inventives qui changent chaque semaine.

C'est ici que les habitants viennent vraiment manger quand ils veulent une cuisine sérieuse, sans prétention. L'espace intime et la carte en perpétuel mouvement font que deux visites ne se ressemblent jamais — une vraie perle de quartier qui respecte davantage les ingrédients que l'ego.

schedule

Heures d'ouverture

Rue20

Mercredi–dimanche 12:00–21:00, lundi–mardi fermé
map Carte language Web

Lily - MANGER VIVRE AIMER (Villeray)

café
Café / brunch / contemporain €€ star 4.2 (66) directions_walk à 2 minutes à pied du Parc Jarry

Commander : Les plats du petit-déjeuner et du brunch — c'est une adresse du matin. Attendez-vous à des ingrédients locaux préparés avec soin, des viennoiseries aux plats à base d'œufs en passant par les assiettes du déjeuner.

Littéralement à deux pas du Parc Jarry, Lily résume bien l'esprit de Villeray : sans prétention, tourné vers le quartier et sincèrement bon. Parfait pour un café et un petit-déjeuner avant ou après un passage au parc.

schedule

Heures d'ouverture

Lily - MANGER VIVRE AIMER (Villeray)

Lundi–mercredi 7:00–17:00
map Carte language Web

RESTO TRAITEUR LE DAKAR

sur le pouce
Sénégalaise / ouest-africaine €€ star 4.0 (52) directions_walk à 5 minutes à pied du Parc Jarry

Commander : Le thiéboudienne (poisson et riz sénégalais), le mafé (ragoût à l'arachide), le poulet yassa et les plantains. Le format comptoir à emporter garantit une cuisine fraîche et authentique.

Le Dakar apporte une vraie cuisine de rue ouest-africaine sur Saint-Laurent — aucune pose, juste une cuisine franche qui reflète la culture culinaire animée de Dakar. C'est ici que le quartier vient manger.

schedule

Heures d'ouverture

RESTO TRAITEUR LE DAKAR

Lundi–mercredi 12:30–23:30
map Carte
info

Conseils restauration

  • check Le boulevard Saint-Laurent (Boul. St-Laurent) est la colonne vertébrale du quartier — la plupart des restaurants se trouvent à 5 à 10 minutes à pied du Parc Jarry.
  • check Beaucoup d'adresses du quartier ferment le lundi et le mardi ; vérifiez avant de vous déplacer.
  • check L'argent liquide reste la norme dans les adresses décontractées comme Le Dakar, même si la plupart acceptent les cartes.
  • check La culture du brunch est bien ancrée à Villeray — arrivez tôt le week-end ou attendez-vous à faire la file.
  • check Le marché Jean-Talon (à 10 minutes à pied vers l'ouest) vaut le détour à lui seul pour ses produits frais, ses fromages et ses plats préparés.
  • check Le quartier de Villeray est réellement multiculturel — vous y trouverez, à distance de marche, une cuisine ouest-africaine, grecque, indienne, italienne et vietnamienne authentique.
Quartiers gastronomiques : Petite Italie (Boul. St-Laurent entre Jean-Talon et Beaubien) — épiceries fines italiennes, boulangeries et restaurants Corridor du boulevard Saint-Laurent — l'artère principale du quartier, avec une cuisine internationale variée Villeray même (autour du Parc Jarry) — cafés de quartier, boulangeries et restauration décontractée Mile-Ex (au sud du Parc Jarry) — scène culinaire émergente avec restaurants contemporains et bars à vin Secteur du marché Jean-Talon — produits frais, plats préparés et épiceries spécialisées

Données restaurants fournies par Google

Contexte historique

Cent ans à répondre présent

Ce qui n'a pas changé au Parc Jarry, c'est sa fonction : un lieu où les Montréalais se retrouvent dehors, en grand nombre, pour des raisons qui changent sans cesse. Le sport tourne. La foule se transforme. Même le nom a été remplacé puis rétabli. Mais le geste essentiel — des milliers de personnes rassemblées sur la même ancienne terre agricole pour regarder, applaudir, prier ou simplement s'asseoir au soleil — ne s'est jamais interrompu depuis que la Ville de Montréal a loué le terrain à Robert Bagg en 1925 et l'a ouvert comme parc public.

Cette terre a été agricole pendant des siècles auparavant. Les archives montrent que la propriété est passée de la famille d'agriculteurs Jarry — descendante de Bernard Bleignier dit Jarry, soldat français arrivé en Nouvelle-France vers 1698 — au propriétaire anglophone Stanley Clark Bagg au XIXe siècle. La famille Bagg l'a conservée jusqu'à l'achat complet du terrain par la ville en 1945 pour $480,418.50, soit environ $8 million en dollars d'aujourd'hui. À travers chaque transaction, le site est resté un terrain dégagé. Personne n'y a jamais construit un bâtiment permanent sur toute sa largeur. Cette continuité de l'espace ouvert — un siècle de ciel au-dessus et d'herbe en dessous — relie un pique-nique de 1925 à une finale de tennis en 2025.

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La nuit où le baseball a failli mourir au Canada

En août 1968, Charles Bronfman — héritier de la fortune de la distillerie Seagram's et cinquième homme le plus riche du Canada — est entré dans le bureau du maire Jean Drapeau, à l'hôtel de ville de Montréal, avec une lettre de démission dans sa poche. Tous les autres investisseurs du projet montréalais pour obtenir une franchise d'expansion de la Ligue nationale s'étaient retirés. Buffalo, dans l'État de New York, avait déjà un stade prêt et un groupe de propriétaires disposé à agir. La ligue était à quelques jours de réattribuer la franchise. Bronfman a dit à Drapeau qu'il abandonnait.

Drapeau lui a demandé d'attendre vingt-quatre heures. Le lendemain matin, Bronfman a été rappelé — seul. Le maire avait passé la nuit blanche. Il a déroulé un dessin représentant un petit parc municipal au nord de la ville. « Voilà votre nouveau stade », a-t-il dit. Le parc, c'était Jarry. Le dessin montrait une modeste tribune coincée dans l'angle sud-ouest, avec à peine 3,000 places. C'était absurde. C'était aussi la seule option qui restait. Bronfman a accepté.

Sept mois plus tard, le 14 avril 1969, les Expos de Montréal y ont disputé le tout premier match de baseball majeur jamais joué hors des États-Unis. Des ouvriers boulonnaient encore les sièges des gradins ce matin-là. La neige longeait toujours la clôture du champ extérieur. Le directeur général Jim Fanning était sur le terrain à 7 a.m., pelle en main. Les 29,184 spectateurs entassés dans le stade — plus d'un millier au-dessus de la capacité — ont vu les Expos remonter un déficit de 6–2 pour battre les Cardinals de St. Louis, champions en titre de la Ligue nationale, 8–7. Si Bronfman avait quitté le bureau de Drapeau l'été précédent, rien de tout cela ne se serait produit. Pas d'Expos, pas de Gary Carter, pas d'Andre Dawson — et presque certainement pas de Nationals de Washington.

Ce qui a changé : noms, saints et champs de patates

Le parc a porté trois noms en un siècle. Il a ouvert sous le nom de Parc Jarry en 1925 — lui-même choisi à la dernière minute à la place du Parc Crémazie prévu au départ, un changement qui a suscité des critiques publiques rapportées par La Patrie le 15 juin 1925. Après que le pape Jean-Paul II y a célébré une messe devant une foule estimée à 300,000 personnes le 11 septembre 1984 — le plus grand rassemblement religieux de l'histoire du Canada — la ville l'a rebaptisé Parc Jean-Paul II. Le chroniqueur Pierre Foglia, dans La Presse, a réagi avec son acidité habituelle : « Il semble inutilement irrespectueux de donner le nom d'un pape à un champ de patates. » Le nom papal a tenu environ deux ans avant que la ville ne revienne discrètement à Parc Jarry, même si les sources ne s'entendent pas sur l'année exacte du changement, 1987 ou 1988. Le baseball est parti en 1976 pour le Stade olympique. Le tennis est arrivé en 1996. Le nom du site tennistique est passé par Stade Du Maurier, Stade Uniprix, puis Stade IGA. Le parc absorbe chaque identité et leur survit.

Ce qui a duré : terrain ouvert, ciel ouvert

À travers toutes ces réinventions, la promesse centrale du parc est restée la même : un espace vert public dans un quartier résidentiel dense, gratuit, ouvert à tous. Les gradins de baseball de 1960 — une structure courbe en béton de 3,000 places — n'ont jamais été démolis ; ils ont simplement été réaffectés pour former l'ossature du stade de tennis, leurs rangées faisant désormais face à un filet plutôt qu'à un monticule de lanceur. L'étang aux canards est antérieur aux Expos. La piscine communautaire a survécu à plusieurs tentatives de Tennis Canada pour la déplacer. Et sous tout cela, le ruisseau Saint-Aubin — visible sur les cartes de la ferme de la famille Bagg en 1893 — coule toujours dans le réseau d'égouts de la ville, invisible mais bien là, suivant la même diagonale qu'il avait creusée avant que quelqu'un songe à appeler cet endroit un parc.

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Questions fréquentes

Le Parc Jarry à Montréal vaut-il la visite ? add

Oui — et plus vous vous y attardez, plus il vous rend. Avec ses 36 hectares, il fait à peu près la moitié de la taille de la Cité du Vatican, avec une piscine extérieure gratuite, un étang bordé de saules pleureurs, des matchs de cricket en ourdou et en pendjabi, des terrains de pétanque où des retraités italiens font à peine semblant de vous remarquer, et les vestiges de l'ancien stade de baseball des Expos de Montréal enfouis dans un complexe de tennis. Un samedi d'été en après-midi, vous entendrez dix langues en même temps pendant que la fumée de charbon de dizaines de barbecues familiaux traverse le grand terrain — un journaliste du Devoir a parlé d'un « smog de poulet braisé ». Ce n'est pas un parc vitrine soigneusement peigné ; c'est le salon de trois quartiers très différents.

Peut-on visiter le Parc Jarry gratuitement ? add

Entièrement gratuit, toujours — l'entrée du parc ne coûte rien, et la piscine extérieure est elle aussi gratuite, sans réservation. Les pistes de ski de fond en hiver, la patinoire sur l'étang gelé, le planchodrome, l'aire de jeux, les terrains de sport : tout est gratuit. Le seul élément payant est le stade IGA pendant le tournoi de tennis Omnium Banque Nationale en août, où les billets commencent autour de 104 CAD pour les derniers tours.

Comment aller au Parc Jarry depuis le centre-ville de Montréal ? add

L'itinéraire le plus rapide est la ligne orange du métro depuis n'importe quelle station du centre-ville jusqu'à la station Jarry — environ 28 minutes porte à porte, puis 11 minutes de marche vers l'ouest jusqu'au parc. Si vous allez surtout au stade IGA ou à la piscine, prenez plutôt la ligne bleue jusqu'à De Castelnau ; la marche n'est que de 7 minutes. L'autobus 55 longe tout le boulevard Saint-Laurent sur le bord est du parc et c'est l'itinéraire de surface le plus pratique depuis le Plateau.

Combien de temps faut-il prévoir pour le Parc Jarry à Montréal ? add

Une heure suffit pour faire la boucle périphérique et voir l'étang ; deux à trois heures vous permettent vraiment de vous poser. Le parc se vit mieux comme les habitants le vivent — comme un endroit où l'on reste, pas comme un lieu que l'on coche sur une liste. Apportez quelque chose à manger du marché Jean-Talon (à 5 minutes à pied vers l'est), installez-vous près de l'étang et regardez se déployer autour de vous le théâtre social multilingue et multigénérationnel du parc.

Quel est le meilleur moment pour visiter le Parc Jarry ? add

Les samedis d'été entre 14 h et 18 h sont les moments où le parc est le plus vivant — familles autour des barbecues, matchs de cricket en cours, piscine bondée, planchistes qui enchaînent les figures devant de petits groupes. Pour le calme, venez un matin d'hiver en semaine, quand les skieurs de fond glissent sur 2.1 kilomètres de pistes dans un quasi-silence et que l'étang gelé luit. Évitez les visites pendant les phases actives des travaux de rénovation de 2025–2026 ; consultez la carte Info-travaux de la Ville de Montréal avant de partir, car de grandes sections ont été barricadées.

Que ne faut-il pas manquer au Parc Jarry ? add

L'étang et sa fontaine forment le centre émotionnel du parc — asseyez-vous sur la berge sous les saules et vous comprendrez pourquoi 67% des usagers disent que c'est leur principale raison de venir. Marchez jusqu'à l'extérieur du stade IGA et dites-vous que vous êtes exactement à l'endroit où s'est joué le premier match de baseball des Ligues majeures au Canada le 14 avril 1969 — les ossements de béton de la tribune d'origine sont toujours intégrés au site de tennis. Puis allez jusqu'à l'aire de jeux NIPpaysage, qui ressemble davantage à une installation de land art qu'à un simple module pour enfants, avec des passerelles en bois qui serpentent entre les érables et des rochers peints.

Le Parc Jarry est-il sûr ? add

Pendant la journée, le parc est très fréquenté et sûr pour les familles, les coureurs et les visiteurs seuls. La nuit, l'éclairage de certains sentiers est faible et la ville déconseille les visites tardives dans les secteurs isolés. Un point précis en 2025 : plusieurs plaintes pour voyeurisme ont visé des hommes qui rôdaient près de la piscine extérieure gratuite, ce qui a entraîné une augmentation des patrouilles policières et la présence d'employés d'arrondissement de 13 h à 20 h chaque jour. Les femmes qui fréquentent le secteur de la piscine devraient être au courant de la situation.

Qu'est-ce qu'on mange près du Parc Jarry à Montréal ? add

Le marché Jean-Talon est à 5 minutes à pied vers l'est — l'un des grands marchés publics d'Amérique du Nord, gratuit d'accès, rempli de produits et de fromages du Québec. La Petite Italie commence 10 minutes plus au sud à pied : le Caffè Italia sert des expressos depuis 1956, la Pizzeria Napoletana est ouverte depuis 1948 (apportez votre vin), et Bottega prépare ce que beaucoup considèrent comme la meilleure pizza napolitaine de Montréal. Pour quelque chose de tout à fait différent, traversez les voies ferrées vers l'ouest jusqu'à Parc-Extension pour manger sri-lankais et sud-asiatique à une fraction des prix de la Petite Italie.

Sources

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