Yaoundé

Cameroon

Yaoundé

À Yaoundé, vous passez d’anciens palais présidentiels devenus musées à des brochettes de soya à minuit, puis à des couchers de soleil sur le mont Fébé, le tout le temps d’un week-end sans voir la moindre plage.

location_on 13 attractions
calendar_month Déc–Fév (sec et ensoleillé)
schedule 2-3 jours

Introduction

À 4 heures du matin, l’air garde encore l’odeur de fumée de bois des stands de soya de la veille, et le premier appel à la prière dévale les collines comme du cuivre liquide. Yaoundé, capitale du Cameroun, se réveille avec un goût de cacahuète et d’huile de palme, pas de politique. Voilà la surprise : une ville fondée pour l’administration coloniale se raconte aujourd’hui par ce qui mijote dans les marmites.

La ville repose sur sept collines, mais celle qui compte pour les habitants, c’est le mont Fébé. Depuis le balcon du monastère, à 1,037 mètres, vous voyez les antennes de téléphonie clignoter au rythme des éclairs au-dessus de la vallée du Mfoundi. En contrebas, les cortèges présidentiels empruntent encore la rocade construite par les Allemands et achevée en 1914 ; l’asphalte d’origine a été tant de fois rafistolé qu’il ressemble à un patchwork.

Les quartiers changent de langue tous les trois pâtés de maisons. Le français cède la place à l’eton, puis au bamiléké, puis à un pidgin si dense qu’on croirait pouvoir le mâcher. Les chauffeurs de taxi discutent les tarifs en signes sawa pendant que les étudiants débattent politique autour de beignets à 200 francs, encore grésillants. Oubliez les guides qui décrivent cet endroit comme une simple ville « administrative ». Yaoundé tourne aux ragots, à la viande grillée et à la certitude que la circulation sera pire demain.

Chronologie historique

Une capitale taillée dans les collines et l’histoire

Des villages ewondo aux discours d’indépendance, l’histoire de Yaoundé monte avec la brume équatoriale

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v. 200 av. J.-C.

Implantations ewondo

Le peuple ewondo fonde des villages agricoles sur les sept collines où s’étale aujourd’hui Yaoundé. Il appelle la région « Ongola », soit « terrain de chasse » dans sa langue bantoue. Des fouilles archéologiques à Mvog-Betsi ont livré des tessons de poterie et des outils en fer datés de cette période. La terre y était fertile, les vallées fluviales généreuses.

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1889

Le drapeau allemand est hissé

Le capitaine Richard Kund plante le drapeau allemand au pied de l’actuel boulevard du 20 Mai. Le poste colonial commence comme comptoir pour le caoutchouc et l’ivoire. En moins de trois ans, 42 administrateurs allemands et 200 soldats africains occupent la hauteur. Ils rebaptisent l’établissement « Jaunde », d’après la prononciation ewondo locale.

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1895

Fondation de la première église

Les missionnaires du Saint-Esprit élèvent une modeste chapelle en bambou à l’emplacement de l’actuelle cathédrale Notre-Dame des Victoires. La construction ne mesure que 12 mètres sur 8. Des convertis ewondo sculptent les bancs dans l’acajou local. La cloche, coulée à Hambourg, arrive après un voyage de 14 mois en remontant le fleuve depuis la côte.

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1901

Le chemin de fer atteint les collines

Le premier sifflet de train résonne dans la vallée lorsque la ligne Douala-Yaoundé atteint la localité. Le chantier a coûté la vie à 1,800 personnes, surtout des travailleurs forcés venus des régions côtières. Le bâtiment de la gare, toujours debout, a été construit en pierre volcanique extraite près de Nkol-Nyada. Temps de trajet depuis la côte : 36 heures.

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1906

Palais du gouverneur allemand

Le gouverneur Otto Gleim transfère la capitale coloniale de Douala à Yaoundé, invoquant l’air plus sain des hauteurs. La nouvelle résidence occupe la colline où se dresse aujourd’hui le Musée national. Le bâtiment compte 47 pièces, l’électricité et l’eau courante, un luxe encore rare pour beaucoup d’Européens restés au pays. Des jardins en terrasses descendent la pente avec une symétrie allemande impeccable.

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1932

Naissance de Mongo Beti

Alexandre Biyidi Awala naît à Akométam, 15 kilomètres au sud de Yaoundé. Ce garçon de village, devenu Mongo Beti, écrira « Le Pauvre Christ de Bomba », scandalisant les autorités coloniales par sa peinture de l’hypocrisie missionnaire. Ses romans, rédigés en exil, donnent une voix internationale à la lutte du Cameroun pour l’indépendance. Il revient à Yaoundé en 1974 après 23 ans passés à l’étranger.

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1940

Vichy contre la France libre

Les administrateurs français de Yaoundé déclarent leur fidélité au régime de Vichy du maréchal Pétain. Les forces britanniques venues du Nigeria occupent la ville le 27 août après un face-à-face de 48 heures. Le bureau de poste construit par les Allemands devient un quartier général britannique provisoire. Les chefs locaux observent la scène depuis la colline de Fébé pendant que les puissances coloniales blanches se disputent leur ville.

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1954

Naissance de Théophile Abega

Un futur génie du football voit le jour dans le quartier de Biyem-Assi à Yaoundé. Théophile Abega gagnera le surnom de « Docteur » pour la précision chirurgicale de son jeu au milieu de terrain. Il mène Canon Yaoundé à trois Coupes d’Afrique des clubs champions entre 1971 et 1980. Sa vision et sa qualité de passe inspirent une génération de joueurs camerounais qui transforme le football africain.

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1955

L’UPC est interdite

Les autorités françaises interdisent l’Union des Populations du Cameroun, contraignant ses dirigeants à entrer dans la clandestinité. Le secrétaire général du parti, Félix-Roland Moumié, s’adresse à 5,000 partisans au marché de Mokolo avant de fuir vers le Cameroun britannique. La répression transforme les cafés politiques de Yaoundé en réseaux de chuchotements. Les militants indépendantistes cachent leurs tracts dans des paniers à pain et des sacs de charbon.

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1957

Ouverture de la Mosquée Centrale

Le dôme vert de la Mosquée Centrale de Yaoundé s’élève au-dessus du quartier de la Briqueterie. Construite avec l’appui d’architectes algériens, elle sert la population musulmane grandissante de commerçants venus du Nord et de fonctionnaires. Le minaret culmine à 27 mètres et se voit depuis la plupart des collines. La prière du vendredi réunit 2,000 fidèles qui déroulent leurs tapis jusque dans les rues voisines.

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1960

Proclamation de l’indépendance

À minuit le 1 janvier, Ahmadou Ahidjo proclame l’indépendance depuis le balcon du Palais du Gouverneur. Le drapeau français descend pendant que le tricolore vert-rouge-jaune monte au milieu de 21 coups de canon. 30,000 habitants remplissent le boulevard du 20 Mai malgré une pluie torrentielle. Les célébrations durent trois jours, avec des danseurs traditionnels perchés sur les capots des voitures.

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1961

Capitale fédérale

Yaoundé devient la capitale de la République fédérale du Cameroun après la réunification avec le Southern Cameroons britannique. La ville double presque du jour au lendemain avec l’arrivée de fonctionnaires anglophones venus de Buéa. Des bureaux provisoires poussent dans les écoles et les maisons particulières. Les ronds-points conçus pour 50,000 véhicules doivent soudain absorber 200,000 passages quotidiens.

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1972

Inauguration du monument de la Réunification

Les mains blanches en béton de la Réunification se rejoignent au-dessus du boulevard du 20 Mai. Le sculpteur Gédéon Mpando taille ce monument de 7 mètres dans 47 tonnes de calcaire local. L’ensemble représente la fusion des Camerouns français et britannique. Ses détracteurs le surnomment « la poignée de main en béton que personne n’avait demandée ».

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1982

Démission d’Ahidjo

Le président Ahmadou Ahidjo surprend le pays en démissionnant au profit du Premier ministre Paul Biya. Le transfert de pouvoir se déroule dans le hall de marbre du palais d’Etoudi. Biya, ancien professeur de philosophie originaire de la Mvila, entre en fonction en promettant « rigueur et moralisation ». Cette transition paisible masque pourtant de profondes tensions au sein du parti au pouvoir.

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1984

Coup d’État de la garde du palais

Des soldats de la garde républicaine restés fidèles à Ahidjo prennent d’assaut le palais présidentiel à l’aube du 6 avril. Les combats durent quatre jours et font 71 morts dans les rues autour d’Etoudi. Des chars descendent l’avenue Kennedy pendant que les civils se réfugient dans les sous-sols. La survie de Biya scelle son emprise sur le pouvoir pour les décennies suivantes.

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2006

Ouverture de la Basilique Marie-Reine

Le dôme de cuivre de la plus grande église du Cameroun s’élève à 36 mètres au-dessus du site missionnaire d’origine datant de 1906. Construite pour accueillir 5,000 fidèles, la basilique compte 52 verrières représentant des saints locaux. Des artisans italiens ont passé trois ans à poser le marbre importé de Carrare. La messe dominicale résonne dans la vallée en français, en anglais et en ewondo.

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2022

Anniversaire de la convention de l’UNESCO

Des délégués de 193 pays se réunissent au Palais des Congrès pour célébrer 50 ans de protection du patrimoine mondial. La façade vitrée du centre de conférences reflète les eucalyptus plantés à l’époque allemande. Yaoundé accueille son plus grand événement international depuis l’indépendance. Les embouteillages s’étirent sur 15 kilomètres pendant que 3,000 délégués s’engagent dans des ronds-points conçus à l’époque des voitures coloniales.

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Aujourd'hui

Conseils aux visiteurs

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Ayez du liquide

Les distributeurs de l’aéroport sont souvent à sec. Prenez des francs CFA avec vous ou utilisez le bureau de change dans la zone de récupération des bagages avant de sortir. La plupart des stands de street food et des taxis partagés n’acceptent que les espèces.

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Fixez le prix du taxi d’abord

Il n’y a pas de compteur à Yaoundé. Fixez le prix avant de monter ; 1,000–2,000 XAF couvrent la plupart des trajets intra-muros après la tombée de la nuit. Dites « combien ? » et montrez les doigts pour marchander vite.

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Suivez la fumée

Les meilleures brochettes de soya apparaissent après le coucher du soleil le long des grands axes. Repérez un grill sur bidon entouré d’habitués debout ; mettez-vous dans la file et vous paierez deux fois moins qu’au restaurant.

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Devancez les pluies

Octobre déverse 295 mm de pluie sur 23 jours. Gardez les musées pour le matin et les couchers de soleil en hauteur pour la fenêtre plus sèche de juillet-août ; emportez un petit parapluie, même en décembre dit « sec ».

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Coucher de soleil au mont Fébé

Soyez sur la terrasse supérieure à 17:45 : les lumières de la ville s’allument pendant que la dernière clarté accroche la flèche de la cathédrale. Montez en taxi, redescendez par le chemin du monastère pour économiser 2,000 XAF.

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Questions fréquentes

Yaoundé vaut-elle le détour ? add

Oui, si vous cherchez le pouls politique du Cameroun plutôt que des plages de carte postale. Les salons du palais du Musée national et la ligne d’horizon au crépuscule depuis le mont Fébé superposent les époques en 48 heures, avec en prime les forêts inondées du Nyong à parcourir en pirogue le temps d’une journée.

Combien de jours faut-il pour visiter Yaoundé ? add

Deux journées pleines suffisent pour le monument de la Réunification, les deux cathédrales, le musée national et un coucher de soleil sur la ville. Ajoutez-en une troisième pour les canaux en pirogue d’Ebogo ou le sanctuaire de primates de la Mefou.

Yaoundé est-elle sûre pour les voyageurs en solo ? add

Le centre reste correct de jour ; après la tombée de la nuit, tenez-vous-en aux rues animées autour du Marché Central et des bars de Bastos. Utilisez Yango plutôt que d’arrêter un taxi au hasard et laissez vos objets de valeur à l’hôtel : les petits vols augmentent dans les marchés bondés.

Comment aller de l’aéroport au centre-ville ? add

Nsimalen se trouve 22 km au sud. Une voiture privée réservée à l’avance coûte 15,000–25,000 XAF et met 30–45 min. Des taxis partagés attendent devant les arrivées, mais ils ne partent qu’une fois pleins et multiplient les arrêts ; prévoyez une heure.

Quel est le moyen le moins cher pour se déplacer en ville ? add

Taxi-ville partagé : 200–500 XAF par trajet, à héler n’importe où. Les motos benskins gagnent sur les côtes et les embouteillages pour 300–700 XAF. Téléchargez Yango pour verrouiller le prix d’une voiture et éviter la négociation.

Quelle est la meilleure période côté météo ? add

Entre décembre et février, les journées montent à 30 °C avec à peine trois jours de pluie par mois. Juillet et août offrent des maximales plus douces autour de 26 °C et des averses plus légères, idéales pour les sorties en forêt sans les trombes d’eau d’octobre.

Sources

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